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L'or noir fait couler beaucoup d'encre

«Une plus grande participation du privé permettra de... (Photo Archives The New York Times)

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«Une plus grande participation du privé permettra de diminuer les coûts et les risques de l'exploration et l'exploitation du pétrole pour l'État mexicain», soutient le président mexicain, qui espère hausser le PIB de 1% et créer plus de 500 000 emplois d'ici 2018.

Photo Archives The New York Times

Nancy Caouette

Collaboration spéciale

La Presse

(Mexico, Mexique) Des députés analysent actuellement les dernières lois d'une réforme énergétique qui mettra fin à 76 ans de monopole d'État. Cette réforme ambitieuse du président Enrique Peña Nieto ne fait pas que des heureux; des citoyens et des intellectuels multiplient les sorties publiques pour la dénoncer.

Ils étaient des dizaines de milliers, banderole et pancarte à la main, à investir la semaine dernière la place de la Constitution de Mexico. Tantôt à cheval ou sur un tracteur, ces producteurs agricoles et autochtones ont afflué des quatre coins du pays pour s'opposer à une ambitieuse réforme du secteur énergétique.

Les lois de la réforme qu'analysent actuellement les députés permettront à des entreprises privées d'occuper temporairement des terres pour y chercher des hydrocarbures et du gaz.

«Notre machette et notre terre, c'est tout ce que nous avons pour travailler. Si on vient envahir notre terre, de quoi allons-nous vivre?», demande l'un des marcheurs, José Hernandez, de la région pétrolifère de Veracruz, située sur la côte du golfe du Mexique.

La réorganisation projetée s'inscrit dans le «Pacte du Mexique», un ensemble d'ententes que le gouvernement d'Enrique Peña Nieto a scellé avec l'opposition de droite quelques mois après son élection. Le train de réformes structurelles, qui touche non seulement l'énergie, mais aussi l'éducation, les télécommunications, les finances et la fiscalité, vise notamment à nourrir la croissance économique, à redynamiser les industries nationales et à atténuer les inégalités sociales.

S'attaquer à un tabou

En révisant le monopole pétrolier d'État, le gouvernement s'attaque à un tabou de la société mexicaine. «C'est une réforme majeure et profonde, un changement de direction du système énergétique élaboré par la Constitution de 1917 et par l'expropriation des pétrolières étrangères dans les années 30», explique l'économiste et chercheur à l'Université nationale autonome du Mexique Ramon Carlos Torres Flores.

Depuis 1938, seuls des contrats de sous-traitance gérés par la société pétrolière d'État PEMEX ont ponctué ce monopole public. Cependant, la pétrolière s'essouffle. Le pays produit actuellement 2,5 millions de barils de pétrole par jour, soit près de 1 million de moins qu'il y a 10 ans.

La réforme de l'énergie assure à PEMEX et à la Commission fédérale d'électricité (CFE), l'Hydro-Québec mexicaine, la mainmise sur la majorité des territoires actuellement exploités pour leurs ressources. Elle ouvre toutefois la porte aux entreprises privées qui souhaitent explorer, exploiter, raffiner et transporter des hydrocarbures, mais aussi du gaz naturel et du pétrole et du gaz de schiste.

«Une plus grande participation du privé permettra de diminuer les coûts et les risques de l'exploration et l'exploitation du pétrole pour l'État mexicain», décrit le président mexicain qui espère hausser le PIB de 1% et créer plus de 500 000 emplois d'ici 2018.

Opposition

L'opposition de gauche est contre à la réforme, qu'elle considère comme une menace à la souveraineté du pays. «Ils veulent nous faire croire qu'ils vont sauver le Mexique en privatisant nos biens nationaux et que les étrangers vont nous donner la main», a affirmé le chef du Parti de la révolution démocratique (PRD), Jesús Zambrano. Plusieurs experts craignent que le privé touche une partie de la rente pétrolière qui, selon la Constitution, ne peut appartenir qu'à l'État mexicain. La protection de l'environnement est un autre point épineux de la réforme.

Les dernières lois de la réforme et les mesures fiscales pour la mettre en branle doivent être adoptées d'ici la fin du mois de septembre, mais déjà, l'opposition promet d'organiser un référendum pour l'annuler et les juristes menacent d'exposer ces lacunes constitutionnelles aux tribunaux du pays.




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