Le président d'Equateur, Rafael Correa, a jugé mardi «gravissime» l'interception de ses courriers, utilisés par la compagnie pétrolière américaine Chevron, dans le cadre de son litige avec ce pays latino-américain sur le versement d'une amende pour pollution.

Publié le 12 nov. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

«C'est gravissime, ils ont piraté les messages du conseiller juridique de la présidence et du président de la République» et «cela ne peut être permis», a lancé le chef de l'État, lors d'une conférence de presse à Guayaquil, dans le sud-ouest du pays.

La semaine dernière, le procureur général équatorien, Diego Garia, qui agit en tant que défenseur de l'État, avait accusé Chevron de s'être servi de ces informations volées afin de plaider sa cause devant un tribunal de New York, saisi par cette compagnie.

Poursuivi à l'origine par quelque 30 000 indigènes, Chevron, condamné en Equateur à une amende record de 19 milliards de dollars pour des dégâts infligés à l'environnement en Amazonie, conteste cette décision, estimant que la compagnie pétrolière publique équatorienne est à l'origine de cette pollution.

«Nous sommes tellement transparents que malgré ce piratage, le juge de New York a rejeté tout cela, car ce n'était pas pertinent», a encore affirmé M. Correa, qui a toutefois annoncé son intention de «répondre sur le plan judiciaire» à cet espionnage.

De son côté, la compagnie Chevron, sollicitée par l'AFP, n'a pas souhaité faire de commentaire sur cette affaire.