La fin du conflit armé en Colombie est «proche», a affirmé lundi Ivan Marquez, le délégué de la guérilla des FARC pour les négociations de paix, évitant toutefois de fixer une date en vue d'un accord final avec les autorités.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous comprenons, et le pays le comprend très bien aussi, que les guerres ne sont pas éternelles et nous avons, d'une certaine manière, la certitude que la fin du conflit est proche en Colombie», a déclaré ce dirigeant de la rébellion marxiste, dans un entretien à la radio colombienne RCN.

Numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Ivan Marquez représente la guérilla aux pourparlers avec le gouvernement de centre droit du président Juan Manuel Santos, ouverts l'an dernier à Cuba, dans l'espoir de mettre fin au plus vieux conflit d'Amérique latine.

«Si l'on ne pose pas d'obstacles artificiels, tout va se dérouler rapidement», estime le chef rebelle, qui ne souhaite pas «s'aventurer» à préciser un délai, alors que M. Santos a émis l'idée d'aboutir à un accord dès cette année.

Depuis plus de six mois, des délégations du gouvernement de Bogota et des FARC participent à des cycles de discussions à La Havane, en l'absence d'un cessez-le-feu bilatéral sur le terrain militaire en Colombie.

Ces négociations ont déjà permis aux parties de s'entendre sur la question d'une réforme rurale, point clé du conflit, et doivent reprendre le dialogue lundi prochain pour aborder un autre chapitre épineux, celui de la participation des FARC à la vie politique.

Les questions du trafic de drogue, de l'abandon des armes et de la réparation pour les victimes figurent ensuite à l'agenda des discussions avec la principale guérilla colombienne qui compte encore selon les autorités quelque 8000 combattants après quasiment un demi-siècle d'existence.

Au cours de son entretien, le délégué des FARC a insisté sur la demande de l'organisation d'une Assemblée constituante en Colombie à l'issue des négociations, une condition pourtant d'ores et déjà écartée par le gouvernement.

«La Constituante doit être le résultat d'un accord politique, correspondant à la nécessité d'introduite des changements institutionnels pour asseoir la base de la paix», a souligné Ivan Marquez, qui voit là un «mécanisme idéal» pour l'approbation d'un éventuel accord.

Selon lui, une Assemblée constituante apporterait une «légitimité» et une «garantie juridique» à cet accord. «Aucun président ultérieur ne pourra dire: "je ne reconnais pas ces accords. C'est très important pour cela"», a-t-il martelé.

Le délégué des FARC n'a pas annoncé sous quelle forme la guérilla pourrait présenter des candidats aux élections présidentielles et législatives de 2014, appelant à une "convergence" des "forces politiques et sociales".