La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a multiplié les consultations vendredi autour de son projet de référendum sur une réforme politique visant à apaiser la fronde sociale qui contraint les pouvoirs publics à multiplier les largesses alors que l'économie tourne au ralenti.

Publié le 28 juin 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

De son côté, le président de la Fédération internationale de football (Fifa), Joseph Blatter, a dit «comprendre les troubles sociaux» de ces derniers jours, notamment en réaction aux dépenses colossales engagées pour le Mondial-2014.

«Mais ce n'est pas de notre ressort, nous ne nous en n'occupons pas», a ajouté M. Blatter lors d'une conférence de presse à Rio de Janeiro, deux jours avant la finale de la 9e édition de Coupe des Confédérations entre le Brésil et l'Espagne, au stade Maracana.

Dimanche, un grand rassemblement est annoncé à Rio, en marge de cette finale.

M. Blatter a toutefois estimé que c'était «la meilleure Coupe des Confédérations organisée jusqu'à présent». Il s'est également dit «sûr que la Coupe du monde serait un succès» en 2014.

À Brasilia, la chef de l'État a rencontré des jeunes à qui elle a promis un système de communication en ligne avec le gouvernement, au terme d'une semaine marathon de réunions avec hommes politiques et syndicats entre autres,  pour négocier le projet de référendum qu'elle veut envoyer dès mardi au Congrès.

L'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), son parrain politique, a salué vendredi ce projet «qui a le mérite de faire sortir de l'impasse cette question décisive qui est soulevée depuis des années».

La présidente avait annoncé lundi son intention de consulter les Brésiliens par référendum sur une importante réforme politique, en réponse au mouvement de protestation qui agite le pays depuis deux semaines.

Les manifestations ont baissé en intensité au cours des derniers jours, mais se poursuivent. Vendredi, des manifestants ont bloqué des routes dans plusieurs endroits du pays et de nouvelles manifestations ont eu lieu dans une quinzaine de villes dont Rio, contre l'homophobie.

Un autre dirigeant de la Fifa, le secrétaire général Jerôme Valcke, a déclaré qu'il espérait «que le mouvement dont nous sommes témoins dans les rues» ne se poursuivra pas pendant la Coupe du monde, dans une interview au quotidien Estado de Sao Paulo.

Quant à l'attaquant vedette de la sélection du Brésil, Neymar, il a réitéré son soutien aux manifestations: «Pour un Brésil meilleur, tout est bon!».

La présidente Dilma Rousseff a reçu le soutien des partis de sa coalition gouvernementale à son projet de référendum qui devrait porter sur le financement des campagnes électorales et une révision du mode de scrutin en vigueur (proportionnel).

Le gouvernement souhaite que cette réforme entre en vigueur en 2014 pour les élections parlementaires et la présidentielle au cours de laquelle la présidente de gauche briguera un second mandat.

L'opposition, qui a dénoncé une «manoeuvre de diversion» dans un communiqué commun, se dit favorable à une consultation populaire, mais pas sous la forme envisagée par le pouvoir.

En réponse aux contestataires le parlement a commencé à voter en toute hâte une série de projets bloqués depuis des années.

«Ce que le Congrès a approuvé avec frénésie et les mesures adoptées par le gouvernement central et ceux des États fédérés, augmentent les dépenses, à un moment où le marché laisse entendre que le Brésil a besoin d'un ajustement budgétaire», a souligné auprès de l'AFP Ricardo Ribeiro du cabinet de consultants MCM.

Et à Washington le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a jugé dans un entretien à l'AFP qu'aucun pays n'était «à l'abri» de ce genre de mouvements de citoyens qui se mobilisent pour demander plus». Le Brésil a certes «fait beaucoup» pour redistribuer les fruits de la croissance, mais de «nombreuses inégalités» subsistent, selon lui. «Le Brésil doit réfléchir en profondeur à ce qu'il doit faire pour enclencher la prochaine étape de sa croissance économique», a ajouté M. Kim.

Jeudi, la Banque centrale du Brésil a revu à la baisse sa prévision de croissance du PIB pour cette année à 2,7% et revu à la hausse celle de l'inflation à 6%, dans son rapport trimestriel de prévisions pour l'économie.