Au moins 231 personnes ont perdu la vie, hier, dans l'incendie d'une discothèque de la ville universitaire de Santa Maria, dans le sud du Brésil.

Mis à jour le 28 janv. 2013
Serge Boire, collaboration spéciale AGENCE FRANCE-PRESSE

L'incendie se serait déclaré lorsqu'un chanteur a allumé un feu de Bengale dans le but d'offrir un spectacle pyrotechnique. Les étincelles de l'engin de signalisation auraient mis le feu au matériel isolant du plafond de la discothèque, où s'amusaient entre 300 et 500 personnes, majoritairement des étudiants.

Le plafond de la discothèque Kiss Club se serait vite enflammé, créant un mouvement de panique de la foule, qui s'est ruée vers les sorties. Plusieurs victimes sont restées prisonnières à l'intérieur et sont mortes asphyxiées.

Les autorités ont révélé avoir découvert plus d'une cinquantaine de corps dans les toilettes. À cause de l'épaisse fumée, certains auraient pu confondre l'entrée des toilettes avec la sortie.

Rodrigo Moura, agent de sécurité de la discothèque, a raconté au site G1 de la chaîne Globo qu'il a tenté, avec des collègues, d'attraper des extincteurs, mais en vain. Le feu s'est propagé tellement rapidement qu'il leur a été seulement possible de sauver quelques personnes. «C'était digne d'un film d'horreur», a-t-il raconté.

Sortie bloquée

La plupart des victimes, 120 jeunes hommes et 113 jeunes femmes (selon le précédent bilan de 233 morts), sont mortes asphyxiées ou à la suite de l'inhalation de fumée toxique au moment où elles tentaient d'évacuer les lieux.

Des survivants ont raconté à des médias locaux qu'ils ont tenté de sortir par l'entrée principale dès le début de l'incendie, mais que des agents de sécurité de la discothèque les auraient empêchés de passer et auraient exigé qu'ils paient d'abord leur addition.

«Nous avons été mis au courant de ces déclarations, a affirmé le colonel Altair de Freitas Cunha, de la Brigade militaire, mais nous ne pouvons pas les confirmer pour l'instant.»

D'autres affirment que l'entrée principale de la discothèque était obstruée par des barrières de sécurité servant au contrôle des entrées. Plusieurs victimes seraient demeurées prisonnières de ces barrières et auraient été piétinées par la foule.

Des images de la télévision locale montraient des pompiers et des bénévoles, pics et massues à la main, défonçant le mur extérieur du bâtiment pour tenter de faire sortir ceux qui étaient pris à l'intérieur.

Morgue improvisée

Pendant toute la journée d'hier, des parents et des amis en larmes ont défilé les uns après les autres à une morgue improvisée dans un centre sportif de la municipalité pour identifier les leurs.

En fin de journée, hier, les autorités ont rendu publique l'identité de 185 des 232 victimes, toutes âgées de 16 à 20 ans, selon le réseau de télévision Globo News.

La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a écourté un voyage au Chili pour se rendre sur place en après-midi. La voix nouée, au bord des larmes, elle a tenu à assurer les citoyens de Santa Maria de son soutien et de ses pensées, avant de se rendre au chevet de plusieurs blessés dans un hôpital de la ville.

Les autorités affirment que la priorité, pour le moment, est de fournir toute l'aide physique et psychologique nécessaire aux victimes ainsi qu'à leurs familles.

Une minutieuse enquête pour tenter de savoir pourquoi autant de jeunes vies n'ont pu être sauvées se met par ailleurs en branle.

L'un des commandants du service des incendies a révélé à la chaîne Globo que le permis d'exploitation de la discothèque était expiré depuis le mois d'août. Ce permis, lorsqu'il est valide, certifie que l'établissement respecte les normes d'incendie et les procédures d'évacuation en cas de sinistre.

Le Brésil, aux côtés de la FIFA, devait célébrer en grande pompe aujourd'hui à Brasilia le déclenchement du compte à rebours des 500 jours avant la tenue de la Coupe du monde de 2014. L'événement a été annulé par respect pour les victimes.

- Avec Globo News et BBC Brésil

PHOTO AFP/GLOBAL NEWS

Des rescapés ont aidé les secouristes à défoncer fenêtres et murs afin de libérer les clients toujours prisonniers de la discothèque.