La police chilienne a démantelé un réseau de prostitution enfantine et arrêté 19 personnes jeudi soir, dont un réalisateur de programmes musicaux de la télévision nationale chilienne et un des plus célèbres dessinateurs de BD du pays, a rapporté la police vendredi.

Publié le 16 nov. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le réseau de prostitution opérait de manière clandestine dans des maisons closes du centre de Santiago et exploitait des mineurs.

«Nous enquêtons sur les délits de facilitation de prostitution et de prostitution de mineurs», a déclaré Rail Guzman, le procureur chargé de l'affaire, baptisée Opération «Heidi» par la police.

Dans l'un de ces raids, la police a arrêté Guido Vallejo, créateur de «Barrabases» une bande dessinée racontant les aventures d'une équipe enfantine de football et l'une des séries les plus populaires de la BD chilienne depuis son lancement en 1953.

Lors de son arrestation, M. Vallejo a assuré aux journalistes qu'«il n'y avait pas de mineurs» dans ces maisons closes.

Mais des sources policières ont assuré que M. Vallejo était un des habitués du réseau de prostitution enfantine.

Au cours de l'opération, qui a duré jusqu'à l'aube, la police a également arrêté Aime Roman, un chirurgien et producteur musical de plusieurs programmes télévisés, de même qu'un membre reconnu de la démocratie chrétienne, plusieurs hommes d'affaires et au moins trois femmes d'âge mûr qui officiaient en tant que tenancières.

Ce vendredi, les personnes interpellées seront traduites devant un tribunal pour y être inculpées de facilitation de prostitution de mineurs et d'obtention de faveurs sexuelles de ces mêmes mineurs.

Le Chili a été secoué ces derniers mois par plusieurs cas très médiatisés de sévices sexuels sur des enfants, impliquant notamment des prêtres enseignant dans des collèges réputés de Santiago.

Le pape Benoît XVI a accepté le mois dernier la démission de Mgr Marco Antonio Ordenes Fernandez, 47 ans, un évêque chilien soupçonné de sévices sexuels sur des adolescents.

L'Église catholique du Chili a demandé formellement pardon l'an dernier pour les cas de sévices sexuels sur des enfants commis par des membres du clergé et pour son manque de réactivité et d'efficacité face aux plaintes par le passé.