Des dizaines de milliers de salariés ont manifesté mercredi devant la présidence en Argentine, première mobilisation de l'ère Kirchner (2003-2012) de syndicats péronistes contre un pouvoir issu du même parti, a constaté un journaliste de l'AFP.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Cette manifestation est un appel de toute la société au gouvernement pour qu'il cesse d'être méprisant et comprenne qu'il doit dialoguer, échanger des idées, trouver des solutions avec les autres», a déclaré à la foule le responsable de la CGT, Hugo Moyano, il y a quelques mois encore un allié inconditionnel du pouvoir.

Les syndicats ont appelé leurs adhérents à faire grève mardi pour participer à la mobilisation.

C'est la première fois depuis l'arrivée au pouvoir de Nestor Kirchner (2003-2007), décédé en 2010, et de son épouse Cristina Kirchner (2007-2011), réélue en octobre, que des syndicats péronistes manifestent contre le gouvernement.

La Confédération générale du travail compte 8 millions d'adhérents en Argentine. La plupart des salariés venus manifester sur l'emblématique Place de Mai étaient membres du syndicat des camionneurs (250.000 adhérents), dont M. Moyano est également le responsable.

Mme Kirchner avait appelé la veille les grévistes, lors d'une intervention télévisée, à «cesser les opérations» de déstabilisation, ajoutant : «Cette présidente ne se laissera pas manipuler».

«On ne reconnaît plus le gouvernement péroniste : ce n'est pas nous qui avons pris nos distances, c'est la présidente qui s'est éloignée des travailleurs», avait insisté le même jour M. Moyano.

Le responsable de la CGT exige une baisse de l'impôt sur le revenu. Il avait déclenché la semaine dernière une grève des camionneurs, levée après l'annonce d'un ajustement salarial de 25,5% à l'issue d'une négociation avec le patronat.

Mme Kirchner souhaite le départ de M. Moyano et l'arrivée à la tête de la CGT du responsable du puissant syndicat des métallos Antonio Calo. Le Congrès de la CGT doit avoir lieu le 12 juillet et la manifestation de M. Moyano est interprétée comme une démonstration de force à son approche.