Des producteurs boliviens de coca ont lancé mardi un ultimatum, exigeant le retrait des policiers et militaires chargés de l'arrachage de plantations de coca illégales, au nord-est de La Paz, dans un défi à la politique anti-drogue du président Evo Morales.

Publié le 10 janv. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

Environ 400 agriculteurs ont contraint dimanche un groupe de 20 militaires et agents civils à quitter le district de La Asunta, une zone de culture de coca, matière première de la cocaïne, située à 200 km au nord-est de La Paz.

«Le contingent (militaires et policiers) ne doit pas revenir dans le district (de La Asunta)», a déclaré Mario Miranda, secrétaire général du syndicat des «cocaleros» (planteurs de coca) de La Asunta, dans un geste de défi manifeste à l'adresse du président bolivien.

«Nous voulons simplement qu'ils s'en aillent définitivement. Nous leur donnons jusqu'à mercredi», a-t-il ajouté.

Si en outre le gouvernement ne retire pas les policiers et militaires d'ici à mercredi, «tous les biens (du contigent) deviendront la propriété d'organisations sociales», a averti M. Miranda.

Les biens consistent en 10 camions, des vêtements et des tentes.

En 2010, la Bolivie a éradiqué 10 509 ha de plantations de coca excédentaires, la surface la plus importante depuis 9 ans, dont 2000 dans la zone de Los Yungas, où se trouve La Asunta. Mais les surfaces cultivées se sont encore élevées à 31 000 ha, selon les Nations unies.

La loi autorise la culture de 12 000 ha de coca dédiée à un usage traditionnel et selon le vice-ministre de la coca, German Loza, La Asunta «n'est pas reconnue comme une zone légale».

Les «cocaleros» de Los Yungas, où se trouve la majeure partie des cultures légales, estiment que l'arrachage devraient concerner des plantations de la région du Chapare (centre), dont les syndicats ont lancé Evo Morales en politique.

La Bolivie est le troisième producteur de coca au monde, derrière le Pérou et la Colombie.