Le président haïtien René Préval a lancé mardi soir un appel au calme après les heurts qui ont opposé des manifestants à des casques bleus de l'ONU dans plusieurs villes en proie à une psychose du choléra.

Publié le 16 nov. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Créer le désordre et l'instabilité n'a jamais apporté de solution dans un pays qui traverse des moments difficiles», a déclaré le président dans un message préenregistré.

Il a dénoncé, sans les nommer, des groupes qui profitent de la situation du pays frappé par une épidémie de choléra et les intempéries pour semer le trouble, bloquer les routes et attiser la discorde entre la population, les autorités nationales et la mission de maintien de la paix de l'ONU (Minustah).

«Les tirs d'armes à feu, les jets de bouteille, les barricades de pneus enflammés ne permettront pas d'éliminer le germe du choléra. Au contraire, cela empêchera les malades de recevoir des soins et de livrer les médicaments là ou cela est nécessaire», a ajouté M. Préval.

Mardi de nouveaux heurts ont opposé des jeunes manifestants et des soldats de la Minustah dans plusieurs villes du pays. Au Cap-haïtien (nord), la deuxième ville du pays, des jeunes ont lancé des pierres et des bouteilles contre des véhicules des casques bleus, soupçonnés par une partie de la population d'avoir propagé la maladie.

«La seule façon de faire face au choléra, c'est de maintenir la solidarité avec les autorités nationales et la communauté internationale», a lancé M. Préval.

À l'approche des élections présidentielle et législatives, il a appelé les candidats et les partis à «se joindre à la chaîne de solidarité pour combattre le choléra tout en poursuivant la campagne électorale».