Le gouvernement cubain a donné le détail, vendredi, des réformes qu'il veut mettre en place afin de dynamiser l'entreprise privée sur l'île socialiste.

ASSOCIATED PRESS

Les réformes sont présentées dans un article de trois pages publié dans dans le quotidien Granma, la voix officielle du parti.

L'annonce survient après que le gouvernement eut annoncé, la semaine dernière, la mise à pied de quelque 500 000 employés gouvernementaux d'ici la fin du mois de mars, la modification la plus importante apportée au système économique du pays depuis le début des années 1990.

Pour la première fois, les Cubains actifs dans 83 secteurs privés pourront offrir des emplois à des gens autres que leur famille immédiate. La banque centrale cubaine pourrait aussi offrir des prêts modestes aux nouveaux entrepreneurs.

Les nouvelles règles permettront aux Cubains de louer leur maison à des touristes, sans être obligés d'y habiter eux-mêmes. Cela pourrait donner naissance à des gites confortables, qui remplaceraient les pensions de famille rudimentaires qui sont actuellement disponibles.

Les restaurants privés pourront aussi dorénavant accueillir jusqu'à 20 clients - au lieu de 12 - et offrir des mets plus raffinés, comme le boeuf et le homard.

Au total, 178 activités privées seront autorisées; Granma consacre une page entière au détail des activités qui seront permises pour les travailleurs autonomes.

Ceux qui choisiront de se lancer en affaires devront toutefois acquitter un impôt personnel, tout comme des taxes sur les ventes et les salaires.

L'État cubain domine pratiquement tous les secteurs de l'économie cubaine et emploie 84 pour cent de tous les travailleurs de l'île. Le salaire moyen est de 20 $ US par mois, mais les Cubains ont droit à une éducation et à des soins de santé gratuits; le logement, les transports et les aliments de base sont aussi très peu dispendieux.

Le président cubain, Raul Castro, a indiqué que le gouvernement ne peut plus se permettre d'être aussi généreux et qu'il veut moderniser l'économie du pays, sans pour autant abandonner le socialisme.

Le quotidien Granma a promis d'autres détails au cours des prochains jours.