Le présumé baron de la drogue jamaïcain Christopher «Dudus» Coke, extradé jeudi aux États-Unis, est arrivé «dans la soirée» à New York où il est accusé de trafic de drogue et de trafic illégal d'armes, ont annoncé les autorités judiciaires américaines.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Christopher Coke, 40 ans, arrêté mardi par la police jamaïcaine, est accusé de «complot pour trafic de marijuana et de cocaïne et de trafic illégal d'armes», a précisé le ministère de la Justice dans un communiqué.

Il risque la prison à vie s'il est reconnu coupable par la justice américaine qui avait délivré un mandat d'arrêt à son encontre.

Vendredi, il sera présenté à un juge devant un tribunal fédéral de Manhattan, selon le communiqué du ministère américain.

La traque du présumé narcotrafiquant par les autorités jamaïcaines avait provoqué de violents affrontements fin mai à Kingston entre police et armée d'un côté, et sympathisants de «Dudus» de l'autre, qui avaient fait au moins 73 morts civils, obligeant le gouvernement à proclamer l'état d'urgence.

À la tête du principal gang de trafiquants de drogue de Jamaïque, les «Shower Posse», Coke est considéré comme un marchand de mort ultra-violent par Washington, mais aussi comme un bienfaiteur et un «parrain» dans les bidonvilles de Kingston, réputée comme étant l'une des capitales les plus violentes du monde.

Christopher Coke a «renoncé à son droit à un procès sur son extradition en Jamaïque et a été extradé aux États-Unis en début d'après-midi», avait annoncé plus tôt le ministère jamaïcain de la Sécurité nationale.

Avant cela, «Dudus» avait indiqué dans un communiqué qu'il souhaitait «traiter directement avec les États-Unis en fonction des textes qui régissent l'extradition» entre les deux pays.

«Tout le pays a été touché par les circonstances qui ont entouré mon extradition et j'espère que mon action, aujourd'hui, va permettre de soulager tous ceux qui ont souffert», avait-il écrit.

Dans son communiqué, Coke avait indiqué «avoir agi selon ce qu'il avait considéré être le meilleur intérêt de sa famille, de la communauté de l'ouest de Kingston, et en particulier des gens de Tivoli Gardens, et surtout de la Jamaïque».

«Je quitte la Jamaïque et ma famille en particulier (sa mère) Patsy avec le coeur gros mais pleinement confiant qu'au moment voulu je serai disculpé et pourrais revenir vers eux», avait-il ajouté.

La justice américaine accuse Coke d'avoir approvisionné New York et les autres villes de la côte est en crack, cocaïne et marijuana, causant au passage de sanglantes guerres de gangs. Les enquêteurs en évaluent le bilan à plusieurs milliers de morts depuis les années 90.

Selon un membre de l'agence américaine antidrogue (DEA), John Gilbride, «l'arrestation de Christopher Michael Coke sort des rues un des narcotrafiquants les plus dangereux qui soit».

Coke avait été arrêté mardi sur l'île caribéenne après avoir été reconnu par des policiers malgré le fait qu'il s'était coupé la barbe et qu'il était coiffé d'une perruque.

Le ministère de la Justice américain se réfère dans son communiqué à «Dudus» en l'appelant Christopher Michael Coke, alias «Michael Christopher Coke», alias «Paul Christopher Scott», alias «Presi», alias «General», alias «President», alias «Shortman».