Le président bolivien Evo Morales a menacé samedi d'expulser l'agence des États-Unis pour le développement international (USAID), comme il l'avait fait avec l'ambassadeur des États-Unis et l'agence américaine antidrogue (DEA) en 2008, car il l'accuse de financer des mouvements d'opposition.

Mis à jour le 5 juin 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«USAID finance quelques ONG et fondations et celles-ci s'infiltrent dans certaines organisations sociales du pays, en allant parfois même jusqu'à verser de l'argent à des dirigeants» syndicaux, a dénoncé le dirigeant de gauche radicale, critique féroce de «l'impérialisme» américain.

Selon lui, le but est de provoquer des conflits entre ces secteurs et son gouvernement.

«Si USAID continue à travailler ainsi, je ne vais pas trembler au moment d'expulser USAID», a-t-il ajouté lors d'une rencontre avec des producteurs de coca dans la région du Chapare, situé au centre du pays.

«Nous avons (déjà) expulsé l'ambassadeur des EÉtats-Unis et la DEA», a rappelé Morales, qui est toujours le président du syndicat des cocaleros.

Le président bolivien avait expulsé le diplomate Philip Goldberg et la DEA fin 2008, en les accusant d'avoir soutenu un complot présumé de la droite locale pour le renverser. Washington avait qualifié ces accusations d'infondées et riposté en expulsant l'ambassadeur de Bolivie à Washington. Les deux diplomates n'ont pas encore été remplacés.

À l'époque, Morales avait déjà montré du doigt USAID et en septembre 2009, son gouvernement a demandé l'arrêt de deux programmes de l'agence américaine, accusés notamment d'avoir financé la campagne de son principal adversaire de droite pour la présidentielle de décembre Manfred Reyes Villa.

Morales a été réélu avec plus de 60% des voix au premier tour.