Onze prix Nobel de la paix réclament au Mexique la libération de douze villageois condamnés en 2006 à 30 ans de prison après une intervention policière massive, affirmant qu'il s'agit de «prisonniers politiques», dans une lettre publiée jeudi à Mexico.

Mis à jour le 25 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les prix Nobel demandent, dans leur courrier adressé au président de la République Felipe Calderon, de «libérer les 12 prisonniers politiques, révoquer les condamnations et annuler les mandats d'arrêt».

Ils réclament aussi une enquête «sérieuse» sur les plaintes de 50 femmes qui affirment avoir été violées par des policiers pendant cette intervention massive contre 2000 d'entre eux les 3 et 4 mai 2006 dans le village de San Salvador Atenco, dans la grande banlieue de Mexico.

Plus de 200 personnes avaient été arrêtées au cours de cette opération qui s'était soldée par deux morts parmi la population. Elle avait été déclenchée devant la résistance des villageois face à des policiers venus expulser les petits commerçants d'un marché aux fleurs. Onze policiers avaient été frappés et retenus par les villageois, selon l'accusation.

Les détenus ont été «torturés après avoir été arrêtés sans mandat, et condamnés sans preuve de leur participation aux crimes qu'on leur imputait», affirment les prix Nobel.

La Cour suprême du Mexique a reconnu en 2009 que la répression à Atenco avait été entachée de violations des droits de l'homme, mais sans suite jusqu'à présent.

La lettre est signée notamment par deux prix Nobel sud-africains, l'archevêque Desmond Tutu et l'ex-président Frederik Willem de Klerk, par la militante guatémaltèque des droits des indigènes Rigoberta Menchu, l'écrivain américain d'origine roumaine Elie Wiesel et l'écologiste kényane Wangari Maathai.