Le leader cubain Fidel Castro a de nouveau réclamé dimanche la levée de l'embargo américain.

Mis à jour le 20 avr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le président américain Barack Obama «a été dur et évasif sur l'embargo» lors de sa conférence de presse dimanche clôturant le Sommet des Amériques de Trinité-et-Tobago, a écrit l'ancien président cubain, 82 ans, dans un commentaire publié sur le site internet officiel cubadebate.cu.

«Je désire lui rappeler un principe éthique de base en ce qui concerne Cuba: toute injustice, tout crime, peu importe l'époque, n'a aucune excuse; le blocus cruel contre Cuba a pour prix des vies et des souffrances», ajoute le père de la Révolution cubaine de 1959 qui a laissé la présidence à son frère Raul en février 2008 pour des raisons de santé.

Le président Obama a admis à l'issue du sommet que la politique menée pendant 50 ans par les États-Unis à l'égard de l'île communiste «n'avait pas marché» mais écarté l'idée d'un changement «du jour au lendemain» en raison selon lui des manquements cubains en matière des droits de l'Homme.

Un peu plus tôt dans la journée, le principal conseiller économique de M. Obama, Lawrence Summers, avait affirmé que la levée de l'embargo américain visant Cuba n'était «pas pour demain», dans une interview diffusée sur la chaîne de télévision américaine NBC.

«Ce n'est pas pour demain, et cela va dépendre de ce que Cuba fait, de ce que Cuba fait pour aller de l'avant», a-t-il déclaré.

Le sommet des Amériques s'est achevé dimanche à Port of Spain sans consensus des 34 pays sur une déclaration finale, notamment en raison de l'embargo imposé par les États-Unis depuis 1962 à l'encontre de Cuba.

Plusieurs pays de la gauche radicale, emmenés par le président vénézuélien Hugo Chavez, avaient jugé «inacceptable» la déclaration finale faisant l'impasse sur l'embargo américain contre Cuba et sa mise à l'écart du sommet continental.

Exclue de l'Organisation des États américains (OEA) depuis 1962, Cuba n'était pas invité au sommet.

M. Obama s'était pourtant déclaré «prêt au dialogue» avec Cuba au début du sommet, afin d'orienter dans une «nouvelle direction» les relations entre Washington et La Havane, conflictuelles depuis 50 ans.

Il avait annoncé lundi dernier la levée de toutes les restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Cubano-Américains vers leur île d'origine.

Le président cubain Raul Castro avait répondu être ouvert à «un dialogue sur tout» avec Washington, «y compris les droits de l'Homme, la liberté de la presse, les prisonniers politiques», mais sur un «pied d'égalité» et dans le «respect de la souveraineté cubaine».