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Crise thaïlandaise: le Nicaragua offre un passeport à Thaksin

Thaksin Shinawatra... (Photo: AFP)

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Thaksin Shinawatra

Photo: AFP

Agence France-Presse
Bangkok

Le Nicaragua a accordé un passeport diplomatique à l'ex-premier ministre thaïlandais en fuite Thaksin Shinawatra, visé dans son pays par un mandat d'arrêt pour son implication dans les graves violences de ces derniers jours à Bangkok.

L'ex-homme fort de la Thaïlande a été accrédité «en tant qu'ambassadeur du Nicaragua en mission spéciale, afin de lui faciliter la tâche pour attirer des investissements dans notre pays», a indiqué à Managua la porte-parole du gouvernement Rosario Murillo, qui est aussi la première dame du Nicaragua.

Son passeport diplomatique a été établi début 2009 lors d'une visite de M. Thaksin à Managua, précise-t-elle dans un communiqué.

Le gouvernement de Bangkok avait annoncé mercredi l'annulation du passeport thaïlandais de M. Thaksin, visé par un mandat d'arrêt l'accusant d'avoir attisé les graves violences du début de la semaine dans la capitale.

Les autorités thaïlandaises entendaient ainsi entraver les déplacements de l'ex-Premier ministre, réfugié dans un pays inconnu.

A Bangkok, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que la Thaïlande n'avait «pas encore» l'intention de protester auprès de Managua.

Un quotidien émirati, 7Days, citant un porte-parole non-identifié de M. Thaksin, a affirmé jeudi que ce dernier se trouvait jusqu'à présent à Dubaï mais qu'il était en partance pour une destination tenue secrète en Afrique.

Renversé en 2006 par des généraux royalistes, M. Thaksin a fui la Thaïlande en août 2008 pour échapper à une condamnation pour corruption.

Ses avoirs et ceux de sa famille, estimés à plus de deux milliards de dollars (1,5 milliard d'euros), ont été gelés par la junte qui l'a évincé. Il a divorcé en décembre de son épouse Pojaman, certains médias thaïlandais y voyant une manoeuvre pour mettre à l'abri une partie de sa fortune.

Thaksin Shinawatra est l'inspirateur du mouvement des «chemises rouges», qui exige la démission du Premier ministre Abhisit Vejjajiva et est à l'origine des désordres ayant fait au moins deux morts et 123 blessés entre dimanche et mardi.

La police a garanti l'impunité aux «chemises rouges» n'ayant commis aucun acte de violence. Mais des mandats d'arrêt ont été lancés contre M. Thaksin, qui s'était adressé à plusieurs reprises aux manifestants par téléphone et avait appelé l'armée thaïlandaise à basculer dans le camp des protestataires, et contre plusieurs de ses partisans.

Le Premier ministre a regagné jeudi ses bureaux à Bangkok, qu'il avait dû quitter le 26 mars en raison d'une manifestation sous ses fenêtres. Ce rassemblement, qui a compté par moments jusqu'à 100.000 personnes, n'a pris fin que mardi.

M. Vejjajiva a ensuite affirmé qu'il avait l'intention de reprogrammer le sommet asiatique annulé samedi à Pattaya, après avoir été pris d'assaut par des manifestants antigouvernementaux.

L'agence de notation Fitch a dégradé jeudi la note de la dette de la Thaïlande, en raison de «l'incapacité des gouvernements successifs à résoudre les désordres civils».

La Bourse de Bangkok, qui a rouvert pour la première fois depuis les troubles, a terminé la séance sur une note indifférente (-0,20%).

La police thaïlandaise a par ailleurs indiqué qu'elle enquêtait sur la mort de deux «chemises rouges», dont les cadavres ont été repêchés dans la rivière Chao Phraya à Bangkok. Un enquêteur a toutefois affirmé qu'aucun lien n'a, pour l'instant, été établi entre le crime et l'appartenance politique des victimes, et que l'hypothèse du meurtre crapuleux était la plus plausible.




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