La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton achevait jeudi sa première visite officielle au Mexique, marquée par une coopération anti-drogue renforcée entre les Etats voisins, avec la rencontre d'officiers du renseignement de la police au sud-est de Mexico.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Après un rapide passage par la célèbre basilique de Guadalupe, Mme Clinton a visité jeudi le centre de renseignement de la police d'Iztapalapa, dans le cadre de ses consultations sur la lutte anti-narcotique. «Nous avons acquis les meilleurs équipements dédiés au combat contre le crime organisé», a assuré le capitaine Eduardo Larif en faisant visiter les récentes installations à Hillary Clinton, avant l'ultime étape de son voyage dans la métropole de Monterrey, à la frontière avec l'Etat américain du Texas.

Tard dans la nuit de mercredi à jeudi, sur la chaîne de télévision américaine NBC, Mme Clinton avait souligné que l'administration du président Barack Obama entendait faire cesser les ventes d'armes d'assaut dont se dotent les cartels de drogue mexicains.

La secrétaire d'Etat Clinton avait qualifié d'«erreur» la non-reconduction de l'interdiction dont ces ventes d'armes avaient pourtant un temps fait l'objet.

«Je pense que ces armes d'assaut, ces armes de type militaire, n'ont pas à se trouver en possession de quiconque dans la rue», a souligné Mme Clinton qui avait oeuvré à leur interdiction lorsqu'elle était sénatrice de l'Etat américain de New York.

«Aussi, ferons nous ce qu'il faut pour rogner sur cette loi et tenter d'interdire la vente de ces armes hors de nos frontières», a déclaré Mme Clinton, tout en avertissant qu'une telle initiative ne serait pas sans provoquer une importante levée de boucliers.

«Nous nous adresserons au Congrès, je vais enrober ça. C'est du très lourd», a-t-elle relevé.

Depuis Washington, le chef du renseignement américain, Dennis Blair, à l'occasion de sa première conférence de presse jeudi, a pour sa part estimé que le Mexique ne courait pas le risque de devenir un Etat défaillant.

Mme Clinton avait en outre annoncé mercredi le déblocage en urgence de «plus de 80 millions de dollars» pour la fourniture à Mexico d'hélicoptères d'assaut «Blackhawk» destinés à lutter contre les cartels de drogue, assurant que ces derniers seraient mis en échec.

«Ces appareils aideront la police mexicaine à répliquer agressivement et victorieusement aux menaces des cartels», avait-elle souligné, au côté de la ministre mexicaine des Affaires étrangères Patricia Espinosa.

Au Mexique, les cartels s'affrontent dans une guerre sanglante pour le contrôle du trafic de drogue, qui a fait plus de 5 300 morts en 2008, en dépit de 36.000 militaires et policiers déployés depuis deux ans.

Avant même d'atterrir à Mexico, où elle a eu un entretien avec le président Felipe Calderon, Mme Clinton avait reconnu une responsabilité des Etats-Unis dans l'armement des cartels mexicains.

«Oui, je pense très fortement que nous avons une responsabilité partagée», avait-elle déclaré aux journalistes dans l'avion.

«Notre demande insatiable de drogues alimente le trafic», avait-elle souligné. «Notre incapacité à empêcher la contrebande d'armes à destination de ces criminels cause la mort de policiers, de militaires et de civils», avait-elle insisté.

Washington a annoncé des renforts policiers et judiciaires à la frontière mexicaine, justifiés par la nécessité d'endiguer la consommation de drogue aux Etats-Unis, premier client mondial de la cocaïne, et d'intensifier la coopération entre les deux pays.

La visite de Mme Clinton sera suivie dans les prochaines semaines de celles du ministre de la Justice Eric Holder et de la secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano, avant celle du président Barack Obama les 16 et 17 avril.