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Les dirigeants latino-américains resserrent leurs liens avec Cuba

Les dirigeants des pays latino-américains réunis à Costa do Sauipe, dans le... (Photo: Reuters)

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Photo: Reuters

Beatriz Lecumberri
Agence France-Presse
Costa Do Sauipe

Les dirigeants des pays latino-américains réunis à Costa do Sauipe, dans le nord-est du Brésil, ont renforcé mardi leurs liens avec Cuba et ont demandé la fin de l'embargo de 46 ans contre l'île communiste.

Les dirigeants de 33 pays de la région ont adopté une déclaration pour apporter leur «ferme soutien» à «la fin de cette violation politique illégale et injuste des droits de l'Homme de notre peuple», a déclaré le président cubain Raul Castro.

Selon les données officielles du gouvernement cubain, l'embargo décrété par les Etats-Unis en 1962 a coûté 93 milliards de dollars à Cuba.

Le président cubain, qui participait à 77 ans à son premier sommet international hors de Cuba depuis qu'il a succédé en juillet 2006 à son frère Fidel Castro pour cause de maladie, a plaidé en faveur d'une plus forte «intégration régionale».

«Malgré cet embargo vengeur et prolongé que nous impose le gouvernement des Etats-Unis, Cuba est prêt à partager ses modestes expériences (...), car la solidarité et l'internationalisme constituent les piliers de nos relations avec le monde», a-t-il dit.

Cuba est officiellement devenue mardi soir le 23e membre du Groupe de Rio, un forum latino-américain fondé en 1986. «Nous souhaitons la bienvenue à Cuba au Groupe de Rio. Nous sommes convaincus que sa participation renforcera» ce forum, a déclaré le président mexicain Felipe Calderon.

Cette adhésion est considérée par le régime cubain comme une preuve de l'échec de la politique d'isolement de Washington et le signe d'un ancrage plus à gauche d'une majorité de pays d'Amérique latine.

Elle constitue une sorte de revanche pour Cuba, suspendue depuis 1961 de l'Organisation des Etats américains (OEA) qui réunit tous les pays du continent.

«Cuba revient là où il aurait toujours du être et cela donne au sommet un caractère historique», s'était félicité par avance le président vénézuélien Hugo Chavez avant d'ajouter que «les Etats-Unis ne commandent dejà plus ici».

«Il est si bon d'être à Bahia et non pas à New York, convoqués par l'Empire (américain, ndlr). C'est le signe de temps nouveaux, d'une nouvelle ère», avait lancé M. Chavez dès son arrivée à l'aéroport de Salvador de Bahia, à 80 km au sud de Costa do Sauipe.

Le rapprochement de Cuba avec ses voisins survient à un moment où les pays de la région espèrent une amélioration de leurs relations avec les Etats-Unis après l'arrivée à la Maison blanche du démocrate Barack Obama.

«Maintenant qu'arrive un nouveau président des Etats-Unis, l'occasion est propice pour le Sud de parler d'une seule voix et d'exiger le respect», a dit Hugo Chavez.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, hôte du sommet, a souhaité tout spécialement la bienvenue à Raul Castro.

«La présence du président Raul Castro est très importante pour nous dans cette rencontre qui, j'espère, est la première d'une série de réunions auxquelles il assistera», a dit Lula sous les applaudissements des autres dirigeants.

Lors de son discours très attendu, Raul Castro a prôné une plus grande intégration régionale mais a souligné qu'il y avait des obstacles, en particulier «les effets d'un ordre économique international injuste et égoïste qui favorise les pays développés et les intérêts des grandes entreprises mutinationales».

Ce sommet, dont le thème officiel est l'intégration et le développement, a surtout un caractère symbolique car sans ordre du jour formel ni décision à la clé.




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