L'ex-otage de la guérilla colombienne Ingrid Betancourt a présenté samedi à Paris aux anciens comités de soutien son projet de fondation qu'elle devrait annoncer en décembre, leur demandant de changer de nom, ont indiqué des participants à l'issue de la réunion.

AGENCE FRANCE-PRESSE

La Franco-Colombienne avait demandé l'organisation d'une assemblée générale extraordinaire de l'ex-Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib) à laquelle participaient également des représentants du comité de soutien à Ingrid Betancourt (CSIB), devenu rival. «Elle a remercié les quelque 200 membres des comités qui étaient venus de France mais aussi, pour une vingtaine d'entre eux, d'Irlande, de Suisse, de Belgique, d'Italie, des Pays-Bas», a expliqué à des journalistes Armand Burguet, président de la Ficib, rebaptisée samedi Fédération internationale des comités Libertad.

«Elle nous a expliqué sa fondation qu'elle devrait lancer en décembre et ses projets mais nous a demandé de rester discrets», a précisé Armand Burguet.

Ingrid Betancourt qui s'exprime à l'occasion de nombreux déplacements à l'étranger, refuse depuis plusieurs mois toute interview en France et est restée floue sur cette fondation «pour la défense des droits de l'homme et l'écologie».

«Cette fondation, ce n'est pas la continuation des comités. C'est autre chose. Ingrid a expliqué qu'elle voulait collaborer avec les comités de soutien et des associations qui soient prêtes à travailler ensemble, et elle nous a demandé de ne plus inclure son nom», a-t-il poursuivi.

Certains participants semblaient un peu déçus. «Je suis partagé. Il y a des projets dont elle a parlés auxquels j'adhère des deux mains», a dit à l'AFP l'un d'eux Ludovic Bardoux, venu de Tahiti. «Mais elle a passé une heure à nous expliquer qu'il ne fallait pas utiliser son nom. On avait presque l'impression qu'elle n'était venue que pour ça», a-t-il ajouté.

L'ex-candidate à la présidentielle colombienne a été libérée par l'armée colombienne le 2 juillet, après avoir été otage pendant plus de six ans de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Depuis, elle réside à Paris pour des raisons de sécurité.