(Juba) Plus de 7,7 millions de Sud-Soudanais, soit environ 63 % de la population de ce pays où les violences s’intensifient, feront face à une situation de crise alimentaire d’ici au mois juillet, ont annoncé samedi le gouvernement et les Nations unies.

Publié le 9 avril
Agence France-Presse

Ce chiffre représente une hausse de 7 % par rapport à la même période — allant d’avril à juillet — l’année dernière, qui correspond à la saison sèche.  

Selon ce rapport conjoint présenté samedi à la presse, les chocs climatiques (inondations et sécheresses) et les déplacements de population contribuent à aggraver l’insécurité alimentaire, de même que les affrontements armés dans les régions.

« Nous continuerons d’avoir la situation que nous avons au Soudan du Sud si nous ne commençons pas par […] assurer la paix au niveau local », a déclaré Sara Beysolow Nyanti, en charge de la coordination humanitaire de l’ONU au Soudan du Sud, évoquant les « violences sub-nationales ».

« Jusqu’à ce que le conflit soit résolu nous continuerons à voir ces chiffres augmenter parce que cela signifie que les gens n’ont pas un accès sûr à leurs terres pour cultiver », a ajouté auprès de l’AFP Adeyinka Badejo, directrice par interim du Programme alimentaire mondial (PAM) au Soudan du Sud.  

« Nous appelons tous les leaders du pays à continuer (de progresser) vers la paix », a-t-elle ajouté.  

Vendredi, de nouveaux combats ont éclaté dans l’État de l’Unité (nord) entre des forces armées loyales au président Salva Kiir et d’autres fidèles à son vice-président Riek Machar.  

Ces affrontements sont intervenus moins d’une semaine après que les deux dirigeants, anciens ennemis, se sont entendus pour œuvrer à maintenir la paix et instaurer un commandement unifié des forces armées, l’une des nombreuses modalités non appliquées de l’accord de paix qu’ils ont signé en 2018 pour mettre fin à cinq ans d’une guerre civile meurtrière.

Le rapport présenté samedi se base sur l’indice IPC (Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire) qui comprend cinq niveaux de gravité de la situation — minimale, sous pression, crise, urgence, famine.

Selon lui, 80 % de la population en crise alimentaire se trouve dans les États de l’Unité, du Jonglei, du Haut Nil, de Warrap, et d’Equatoria orientale.

Dans ces zones, environ 55 000 personnes étaient déjà considérées comme en situation de catastrophe/famine sur la période février-mars.