(Nations unies) Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a suspendu ses distributions de nourriture dans la ville de Kombolcha dans le nord de l’Éthiopie, en raison de « pillages massifs » attribués aux rebelles tigréens, a annoncé mercredi le porte-parole de l’ONU.

Publié le 8 déc. 2021
Agence France-Presse

« Des pillages massif d’entrepôts à Kombolcha ces derniers jours, apparemment par des éléments des rebelles tigréens et des membres de la population locale » ont été déplorés à Kombolcha, ville de la province d’Amhara, a rapporté Stéphane Dujarric, lors de son point-presse quotidien.

« De grandes quantités de vivres, y compris des produits nutritionnels pour les enfants malnutris, ont été volées et pillées », a-t-il précisé, soulignant que ces vols risquaient d’accroître l’insécurité alimentaire dans le nord de l’Éthiopie, même si le volume de ce qui a été dérobé restait à déterminer.  

Ces attaques ont mené à la suspension de la distribution de nourriture dans les villes de Dessie et Kombolcha, a ajouté M. Dujarric.  

Dans les provinces du Tigré, d’Amhara et d’Afar, ce sont maintenant au total « 9,4 millions de personnes qui se retrouvent en situation critique d’assistance alimentaire », a-t-il ajouté, en notant la hausse substantielle de cette nouvelle estimation.

L’ONU estime le nombre de personnes nécessitant une aide alimentaire d’urgence à 5,2 millions au Tigré, 534 000 dans la province d’Afar et 3,7 millions dans celle d’Amhara, a-t-il dit.

« Les équipes du PAM sur le terrain n’ont pas été en mesure d’empêcher les pillages alors qu’elles faisaient face à une forte intimidation et étaient sous la menace d’armes », a indiqué le porte-parole, en dénonçant une violence « inacceptable » à l’égard d’employés de l’ONU.

Le gouvernement éthiopien a récemment annoncé la reprise de Dessie et Kombolcha, carrefours stratégiques sur la route vers la capitale. Les rebelles tigréens ont démenti tout avantage militaire, affirmant que l’armée n’avait récupéré que des zones abandonnées après des retraits stratégiques des rebelles.

La guerre qui dure depuis plus d’un an dans le nord de l’Éthiopie a éclaté en novembre 2020 après qu’Abiy Ahmed a envoyé l’armée dans la région septentrionale du Tigré afin d’en destituer les autorités locales, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui défiaient son autorité et qu’il accusait d’avoir attaqué des bases militaires.