(Le Caire) Le conseiller de Joe Biden pour la sécurité nationale Jake Sullivan a plaidé mercredi avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour la tenue des élections prévues en décembre en Libye, pays ravagé par des luttes de pouvoir, selon la présidence égyptienne.

Agence France-Presse

Le Caire, grand allié des États-Unis au Moyen-Orient, s’est imposé comme un acteur incontournable sur la scène régionale, sur la question palestinienne comme sur celle de la Libye voisine qui depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011 est en proie à des violences sanglantes.

L’Égypte a récemment reçu la visite de l’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) et candidat potentiel à la présidentielle prévue le 24 décembre, ainsi que de son rival le premier ministre Abdelhamid Dbeibah.  

A chaque fois, Le Caire a plaidé pour la tenue des élections législatives et présidentielle à la date prévue afin d’accélérer un retour à la stabilité alors que les Libyens sont pris en étau entre les pouvoirs rivaux de l’Est et de l’Ouest et les différents acteurs internationaux impliqués dans leur pays.

MM. Sullivan et Sissi ont évoqué « l’organisation des élections » en Libye, « le retrait des troupes étrangères et des mercenaires » et « l’unification des forces armées » de ce pays, rapporte le porte-parole de M. Sissi, Bassam Radi, dans un communiqué.

Les élections libyennes sont actuellement menacées, car le président du Parlement Aguila Saleh a ratifié une loi électorale controversée favorisant le général Haftar, tandis que le Parlement siégeant à Tobrouk (est) a voté une motion de censure contre le gouvernement.  

MM. Sissi et Sullivan ont également évoqué l’épineux dossier du Grand barrage de la Renaissance, un mégaprojet qui provoque des remous parmi les pays traversés par le Nil, au sujet duquel l’Éthiopie et l’Égypte sont à couteaux tirés.

De son côté, la Maison-Blanche a indiqué que M. Sullivan allait redire au Caire, régulièrement épinglé sur la question des libertés, « l’importance des droits humains » après que Washington a récemment conditionné le déblocage d’environ 10 % de son aide militaire à l’Égypte au fait qu’elle annonce « des mesures précises liées aux droits humains ».