(Tripoli) Les autorités libyennes ont annoncé samedi la reprise progressive de l’approvisionnement en eau dans l’ouest de la Libye, une région coupée du réseau depuis plus d’une semaine après des menaces de sabotage.  

Agence France-Presse

Dans un communiqué, l’Autorité de la Grande Rivière artificielle, projet pharaonique réalisé sous le régime de Mouammar Kadhafi pour irriguer une grande partie de la Libye, annonce la « reprise du pompage d’eau dans la section d’al-Hassaouna et de la Plaine d’al-Jefara (ouest) à partir de samedi ».  

« La crise est résolue », ajoute l’organe qui gère le réseau de l’eau en Libye dans son bref communiqué, sans plus de détails.  

L’annonce a été accueillie avec grand soulagement par la population, privée d’eau depuis plus d’une semaine avec des pics de chaleur et de longues coupures de courant.

Les autorités avaient fermé les vannes, après que des hommes armés ont fait irruption dans le centre de contrôle du réseau d’al-Choueref (sud-ouest) pour exiger la libération d’Abdallah al-Senoussi, ex-chef des services de renseignements sous le régime Kadhafi.  

Ils ont menacé de saboter le réseau si les autorités ne libéraient pas l’ancien cacique du régime déchu, détenu dans une prison à Tripoli.

Pour éviter le sabotage des installations et « garantir la sécurité de ses employés », l’Autorité de la Grande Rivière artificielle a volontairement interrompu deux jours plus tard, le 14 août, l’approvisionnement de l’ouest et du sud-ouest du pays.  

La Libye tente de s’extraire d’une décennie de violences depuis la révolte de 2011 contre le régime Kadhafi, un chaos marqué ces dernières années par l’existence de pouvoirs rivaux dans l’Est et l’Ouest.  

La fin des combats à l’été 2020 a été suivie en octobre de la même année par la signature d’un cessez-le-feu, qui semble, depuis, globalement respecté.

Un gouvernement unifié et transitoire a été formé en début d’année, sous la houlette de l’ONU, avec pour mission d’unifier les institutions et de mener le pays à des élections législatives et présidentielle en décembre. Mais les divisions persistent alors que les élections semblent de plus en plus hypothétiques.