(Paris) Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a annoncé dimanche sur son compte Twitter un voyage « cette semaine » au Burkina Faso, frappé par l’attaque la plus meurtrière à laquelle le pays ait été confronté depuis six ans (160 morts).

Agence France-Presse

« Je me suis entretenu aujourd’hui avec le président (Roch Marc Christian) Kaboré. J’exprimerai à nouveau la solidarité de la France lors de mon déplacement cette semaine au Burkina Faso », a indiqué le ministre des Affaires étrangères.

Le bilan de l’attaque menée par de présumés djihadistes dans la nuit de vendredi à samedi à Solhan, commune rurale du Nord-Est du Burkina, avait atteint 160 morts dimanche en fin de journée, selon des sources locales.

Depuis l’invasion du Nord du Mali en 2012 par des groupes djihadistes, la situation s’y est aggravée en dépit de l’intervention militaire française-d’abord Serval, puis Barkhane plus étendue-et a fait tache d’huile, les groupes djihadistes frappant désormais le Burkina et le Niger, essentiellement dans ou près de la zone dite des « trois frontières » entre ces trois pays.

Le Burkina, épargné par les violences du temps de Blaise Compaoré (1987-2014), accusé d’avoir négocié avec les groupes djihadistes pour préserver son pays, en est la victime depuis 2015 : au moins 1400 morts et un million de déplacés.

Le président Kaboré, qui a succédé en 2015 à Blaise Compaoré, a fait de la lutte « antiterroriste » sa priorité et a été réélu en 2020 en grande partie sur la promesse de ramener la paix dans son pays.

Mais l’armée burkinabè, faible et mal équipée, ne parvient pas à contrer les attaques de plus en plus nombreuses et doit s’appuyer sur des supplétifs civils, les Volontaires pour la défense de a patrie (VDP), qui payent un lourd tribut à la lutte antidjihadiste.