(Le Cap) Des habitants du Cap, en Afrique du Sud, ont été évacués lundi alors que l’incendie qui s’est déclenché la veille sur Table Mountain, sommet emblématique surplombant la ville, se dirigeait vers le centre urbain.

Agence France-Presse

« Les efforts pour maîtriser l’incendie se concentrent actuellement sur la montagne au-dessus du quartier de Vredehoek, des habitants ont été évacués par mesure de précaution », a déclaré le maire du Cap, Dan Plato, lors d’une conférence de presse.  Les écoles du quartier ont également été évacuées.

Le feu, qui s’est déclaré au pied de Table Mountain (la montagne de la Table) dimanche matin, s’était propagé dans la journée à l’Université du Cap (UCT), obligeant des centaines d’étudiants à fuir à pied.  

Quelque 200 pompiers ont réussi à éteindre les flammes qui rongeaient les bâtiments de l’université.  Mais ils étaient toujours à l’œuvre lundi pour tenter de contrôler l’incendie qui se dirigeait vers le centre-ville, attisé par des vents violents qui ont jusqu’ici empêché toute intervention aérienne.

Une enquête sur l’origine de l’incendie, lequel n’a pas fait de victime, a été ouverte. Un suspect a été placé en garde à vue, ont annoncé les autorités locales.

« C’était tout simplement horrible », a déclaré à l’AFP un étudiant, Kosmas Joannou, qui a dû quitter sa résidence universitaire. Le ciel « était orange, il y avait des cendres partout et tout le monde criait. C’était le chaos ».  

Des dons de nourriture et de produits de base ont été envoyés aux étudiants relogés dans des hébergements temporaires.  

« La section des Études africaines de l’UCT, qui abritait dans un bâtiment des années 1930 une collection unique d’archives et une salle de lecture au sol boisé, a été complètement détruite », a déclaré Ujala Satgoor, responsable des bibliothèques de l’UCT, dans un message publié sur Facebook dimanche soir. « Une partie de nos précieuses collections a été perdue ».

Les photos accompagnant le message montrent des flammes et des colonnes de fumée s’échappant du toit et des fenêtres du bâtiment.

Pour l’anthropologue Jess Auerback, diplômée de l’UCT en 2008, la bibliothèque Jagger de la section des Études africaines était « l’un des endroits les plus motivants du campus ».

 « C’était un endroit où, en tant qu’étudiant africain de premier cycle, vous pouviez aller voir l’ampleur de la richesse et des connaissances » du continent, a-t-elle déclaré à l’AFP.

Lundi, une épaisse fumée flottait encore au-dessus du campus désert de l’UCT.

L’incendie a aussi détruit une partie du restaurant d’un monument à la gloire du colon britannique Cecil Rhodes, le moulin à vent de Mostert’s Hill datant du XVIIIe siècle, ainsi que des maisons.

 « Ce ne sont pas seulement des bâtiments historiques qui ont été perdus, mais leur contenu et leurs collections », a déclaré le Cape Town Heritage Trust, dans un communiqué rédigé lundi depuis un bureau « enveloppé dans un nuage de fumée ».