(Kampala) Les autorités éthiopiennes affirment que les troupes érythréennes ont commencé à se retirer du Tigré, où elles se sont battues aux côtés des forces éthiopiennes dans une guerre contre des chefs fugitifs de la région.

Rodney Muhumuza
Associated Press

Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a déclaré samedi dans un communiqué que les Érythréens « avaient maintenant commencé à évacuer » le Tigré et que les forces éthiopiennes avaient « repris la garde de la frontière nationale ».

On ne sait pas combien de soldats érythréens ont quitté le pays. Certains dans la région disent que rien n’indique leur départ. Des dirigeants locaux accusent même les troupes érythréennes de porter parfois des uniformes militaires éthiopiens.

Le gouvernement éthiopien fait face à des pressions intenses pour mettre fin à la guerre du Tigré qui s’est amorcée en novembre lorsque le premier ministre Abiy Ahmed y a déployé des troupes à la suite d’une attaque contre des installations militaires fédérales. Les dirigeants de la région, désormais en fuite, ne reconnaissent pas l’autorité de M. Abiy après le report des élections nationales, l’année dernière, au milieu de la pandémie de coronavirus.

Les pays du G-7 ont publié vendredi une déclaration ferme appelant au retrait « rapide, inconditionnel et vérifiable » des troupes érythréennes du Tigré.

« Nous appelons à la fin de la violence et à la mise en œuvre d’un processus politique inclusif, clair et acceptable pour tous les Éthiopiens, y compris les citoyens du Tigré, ont-ils déclaré. En outre, ce processus doit mener à la tenue d’élections crédibles et à la mise en place d’un processus de réconciliation nationale plus large. »

Un nombre croissant de rapports font état d’atrocités comme des massacres et des viols. L’inquiétude grandit quant au manque de nourriture et de soins médicaux au Tigré, une région de 6 millions d’habitants.