(Paris) La force française Barkhane a « mis hors de combat » une trentaine de djihadistes dans la zone « des trois frontières », aux confins du Mali et du Niger, poursuivant le ratissage de cette zone réputée abriter le groupe État islamique au Grand Sahara (EIGS), a indiqué jeudi l’état-major.

Agence France-Presse

Tout en se défendant de faire de la « chasse au scalp », l’armée française a multiplié les communications sur ses offensives dans cette région, y revendiquant la « neutralisation » de quelque 80 djihadistes au total depuis début janvier, selon un décompte de l’AFP.

« État islamique au Grand Sahara »

Le président français Emmanuel Macron et ses homologues du Sahel, réunis en sommet le 13 janvier, avaient affirmé leur volonté d’accentuer l’effort militaire sur les « trois frontières », en désignant l’EIGS comme l’ennemi prioritaire.

PHOTO D’ARCHIVES DOMINIQUE FAGET, AFP

Un soldat français monte la garde devant un drone Reaper assigné à l’opération Barkhane, qui combat les islamistes dans le Sahel.

Du 19 au 24 février, des « frappes aériennes » menées par des Mirage 2000 et des drones armés Reaper ont été réalisées dans cette région entre Mali, Niger et Burkina Faso, « permettant de neutraliser une vingtaine de terroristes et leurs campements ainsi qu’un plot logistique », a annoncé le porte-parole de l’état-major, le colonel Frédéric Barbry, lors d’un point-presse.

L’armée française refuse de donner un décompte précis des djihadistes qu’elle tue, blesse ou capture, et s’en tient aux termes génériques de « neutralisation » ou « mise hors de combat ». Dans les faits, la plupart sont tués.

Opérations au sol

Outre ces frappes, des actions menées au sol depuis mi-février dans la même région aux côtés des armées malienne et nigérienne ont permis de « neutraliser » une dizaine de djihadistes.

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Des soldats français en opération dans le village de N’Daki, au Mali, l’an dernier.

Côté Niger, le 14 février, dans le nord du Liptako nigérien, une opération de fouille a conduit à la saisie « d’une grande quantité de matériel de guerre, dont des drones », a affirmé le colonel Barbry, sans autre précision.  

Dans d’autres opérations menées au Mali et au Niger entre le 12 et le 23 février, l’armée française a revendiqué la neutralisation d’une dizaine d’autres combattants.  

L’état-major a en revanche refusé de confirmer le bilan de 120 « neutralisés » dans une opération franco-nigérienne en février dans la région de Tillabéri, annoncé par Niamey.

Le nombre de militaires de Barkhane est récemment passé de 4500 à 5100 hommes. Paris espère que ce renfort permettra d’inverser le rapport de forces sur le terrain, alors que les groupes djihadistes ont multiplié les attaques au Sahel ces derniers mois.  

Les violences djihadistes –souvent entremêlées à des conflits intercommunautaires– ont fait 4000 morts au Mali, au Niger et au Burkina Faso en 2019, cinq fois plus qu’en 2016, selon l’ONU, malgré la présence de forces africaines, onusiennes et internationales.