(Le Caire) Un chercheur et militant des droits humains égyptien a été arrêté à son retour d’Italie et accusé d’« atteinte à la sécurité nationale » et « diffusion de fausses nouvelles », ont indiqué samedi une ONG et des sources judiciaires.

Agence France-Presse

Patrick Zaky a été interpellé vendredi soir à l’aéroport du Caire. Etudiant diplômé à l’université de Bologne en Italie, il revenait en Égypte pour rendre visite à sa famille.

Dans un communiqué diffusé samedi, l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), une ONG pour laquelle il travaille, affirme qu’il a été interrogé sur ses recherches et ses activités de défense des droits de l’Homme.

Un mandat d’arrêt avait été délivré contre lui en septembre 2019 alors qu’il était en Italie, a-t-elle précisé.

Patrick Zaky est apparu devant le procureur samedi dans sa ville natale de Mansoura, dans le nord de l’Égypte, selon des sources judiciaires et de sécurité.

Il fait face à des accusations de « diffusion de fausses nouvelles », « incitation à manifester sans autorisation », « incitation à renverser l’État », « gestion d’un compte sur les réseaux sociaux visant à […] porter atteinte à la sécurité nationale » et « promotion d’actes terroristes », ont indiqué ces sources.

Il sera maintenu en détention pour 15 jours pour être interrogé.

L’EIPR affirme dans son communiqué que M. Zaky a été battu et électrocuté par les forces de sécurité. Cette ONG appelle à sa libération immédiate.

Riccardo Noury, porte-parole d’Amnistie internationale en Italie, a indiqué samedi sur Twitter que le chercheur, âgé de 27 ans selon l’ONG, risquait d’être torturé et d’être maintenu en détention.

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi en 2014, une vague de répression s’est abattue sur les journalistes, les opposants et les militants égyptiens.

En novembre, Hossam El-Sayed, photojournaliste, et son épouse Solafa Magdy, une journaliste indépendante, avaient été arrêtés avec l’avocat Mohamed Salah dans un café du Caire, selon un avocat.