(Washington) Le chef de la diplomatie des États-Unis Mike Pompeo a estimé lundi que le retrait officiel du Soudan de la liste noire américaine sur le terrorisme, qu’il a confirmé, représentait « un changement fondamental » dans les relations entre les deux pays.

Agence France-Presse

« Aujourd’hui, l’inscription du Soudan sur la liste des États soutenant le terrorisme est officiellement annulée », a confirmé le secrétaire d’État dans un communiqué.

L’ambassade des États-Unis à Khartoum avait déjà fait savoir sur sa page Facebook que Mike Pompeo avait signé le décret en ce sens, après expiration du délai statutaire de 45 jours depuis la notification au Congrès américain.  

« Nous saluons les appels du peuple soudanais en faveur de la liberté, de la paix et de la justice et nous félicitons les membres du gouvernement de transition dirigé par des civils pour leur courage dans leur réponse aux aspirations de leurs concitoyens », a ajouté le ministre.

Il a ajouté que cette étape permettrait « une plus grande collaboration et un plus grand soutien à la transition historique au Soudan ».

Les autorités soudanaises, en place depuis 2019 après la révolte qui a chassé du pouvoir le président islamiste Omar el-Béchir, ont salué cette décision qui met fin à un isolement de près de trois décennies de leur pays et suscite l’espoir d’une sortie de la grave crise économique dans laquelle il est plongé.

Fin octobre, le président américain Donald Trump avait coup sur coup annoncé son intention de retirer le Soudan de la liste noire et l’accord de Khartoum pour normaliser ses relations avec Israël.

Les États-Unis avaient imposé en 1993 ces sanctions après avoir accusé Omar el-Béchir d’entretenir des relations avec des « organisations terroristes » et particulièrement le réseau Al-Qaïda, dont le chef Oussama ben Laden avait séjourné dans ce pays dans les années 1990.

Khartoum attend cependant toujours d’obtenir l’immunité légale dans des affaires liées à des attentats passés, qui nécessite une loi au cœur des tractations au Congrès américain. Or là-dessus, les négociations entre l’administration Trump et les parlementaires coincent.