(Addis Abeba) Deux organisations humanitaires internationales ont annoncé vendredi le décès de quatre de leurs membres, tués au cours de l’opération militaire lancée début novembre par le gouvernement éthiopien dans la région du Tigré (Nord).  

Agence France-Presse

Le Conseil danois pour les Réfugiés (Danish Refugee Council-Dr C) a annoncé le décès sur place de trois de ses agents de sécurité en novembre et International Rescue Committee (IRC) la mort d’un de ses membres à une date non communiquée.  

Environ 600 000 habitants du Tigré dépendaient totalement d’une aide alimentaire pour se nourrir avant le début du conflit et la région compte plusieurs camps de réfugiés érythréens, abritant quelque 96 000 personnes.  

Le Dr C « est profondément attristé de confirmer la mort de trois collègues dans la région du Tigré, en Éthiopie, le mois dernier », a déclaré vendredi l’ONG danoise dans un communiqué, sans donner de précisions sur les circonstances de ces décès.  

« Malheureusement, en raison des problèmes de communication et de sécurité persistants dans la région, il n’a pas encore été possible de joindre leurs familles », ajoute-t-il.  

De son côté, l’IRC a indiqué dans un communiqué publié jeudi depuis New York « regretter de confirmer le meurtre d’un membre de l’organisation au camp de réfugiés de Hitsats, à Shire, en Éthiopie ».  

La région de Shire, dans le centre du Tigré, abrite plusieurs camps de réfugiés érythréens qui ont fui le régime autocratique du président Issaias Afeworki.  

« Nous sommes profondément attristés par la perte tragique de notre collègue ; nos équipes locales sont au cœur de notre travail et sont cruciales dans notre capacité à fournir du soutien et de l’aide à nos bénéficiaires », poursuit l’IRC.

« La communication avec la zone est extrêmement difficile et nous sommes toujours en train de rassembler et de confirmer des informations entourant les évènements qui ont conduit au décès de notre collègue », indique l’organisation.

Le Tigré est quasiment coupé du monde depuis le 4 novembre, date à laquelle le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed y a envoyé l’armée fédérale dans le but de chasser les dirigeants locaux, issus du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), qui défiaient depuis des mois son autorité.

La région, privée de tout approvisionnement, connaît également de sévères restrictions d’accès et les réseaux de communications y sont encore largement hors service, ce qui impacte lourdement le travail des humanitaires.  

Les Nations unies affirment que les combats continuent au Tigré, malgré les déclarations contraires du gouvernement éthiopien, qui a annoncé sa victoire le 28 novembre avec la prise de la capitale régionale, Mekele.