(Kigali) Le héros du film Hôtel Rwanda, Paul Rusesabagina, qui a sauvé pendant le génocide plus de 1200 personnes, a admis vendredi lors d’une audience au tribunal avoir participé à la création d’un groupe rebelle, mais il a nié avoir été impliqué dans leurs crimes.

Agence France-Presse

« Nous avons formé le FLN comme un bras armé, pas comme un groupe terroriste comme le dit le procureur. Je ne nie pas que le FLN a commis des crimes, mais mon rôle était la diplomatie », a affirmé Paul Rusesabagina.

« L’accord que nous avons signé pour former le MRCD, comme une plateforme politique, incluait la formation d’un bras armé appelé le FLN. Mais mon rôle était de travailler pour cette plateforme politique et j’étais en charge de la diplomatie. »

Après des années d’exil, M. Rusesabagina a été arrêté fin août par la police rwandaise dans des circonstances troubles, alors qu’il était en transit à Dubaï. Il a ensuite été inculpé mi-septembre pour terrorisme, meurtre et financement de rébellion.  

En 2018, Paul Rusesabagina a fondé le Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), soupçonné d’avoir un bras armé, le Front de libération nationale (FLN), un groupe considéré comme terroriste par Kigali.

À plusieurs reprises, M. Rusesabagina avait publiquement exprimé son soutien au FLN mais son éventuelle implication dans le mouvement rebelle, qui a déjà mené plusieurs attaques armées sur le sol rwandais, demeurait floue.

Hôtel Rwanda décrit comment M. Rusesabagina, un Hutu marié à une Tutsi, a sauvé en 1994 plus de 1200 personnes abritées dans l’hôtel des Mille Collines à Kigali, dont il était le directeur, en usant de son influence auprès des miliciens hutu.