(Port-Louis) Le capitaine du bateau japonais qui a provoqué une marée noire à l’île Maurice après s’être échoué fin juillet sur un récif a été arrêté mardi, a-t-on appris de source policière.

Agence France-Presse

« On a arrêté le capitaine et son adjoint aujourd’hui. Ils ont été traduits en justice sous un chef d’accusation provisoire. L’enquête se poursuit dès demain (mercredi) avec l’interrogatoire d’autres membres de l’équipage », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la police, Shiva Coothen.

Le capitaine indien, qui a plusieurs fois été questionné par la police, et son adjoint de nationalité sri-lankaise, ont été inculpés pour atteinte à la sécurité de la navigation et comparaîtront à nouveau au tribunal le 25 août.

Le vraquier japonais MV Wakashio s’était échoué le 25 juillet sur un récif à la Pointe d’Esny, au sud-est de l’île Maurice, avec 3800 tonnes de fioul et 200 tonnes de diesel à bord.

Entre 800 et 1000 tonnes de fioul se sont échappées de ses flancs éventrés et ont souillé les côtes, notamment des espaces protégés abritant des forêts de mangrove et des espèces menacées.

Les équipes d’intervention ont mené une course contre la montre pour pomper le reste du carburant, alors que le bateau menaçait de se briser à tout moment. Il s’est finalement cassé en deux dimanche.

Les deux tiers avant de l’épave ont commencé à être remorqués mardi pour être coulés au large afin d’éviter des dégâts supplémentaires.  

« Nous sommes engagés dans une opération délicate », a déclaré à l’AFP Alain Donat, le directeur des services maritimes mauriciens. « Nous voulons profiter de la marée haute pour le tirer petit à petit. Cette partie du bateau mesure 225 mètres de long et 50 mètres de large ».

Elle « sera tirée jusqu’à 8 milles nautiques (14,8 km) des récifs où elle sera sabordée », a-t-il ajouté.

La décision de couler la proue du MV Wakashio a été prise lundi par un comité de crise présidé par le premier ministre mauricien, Pravind Jugnauth, en consultation avec les experts français envoyés comme consultants par Paris.

La partie restante du bateau, qui contient les moteurs et environ 30 mètres cubes de pétrole, est encore coincée sur le récif.

Les autorités ont estimé qu’il était « trop risqué de chercher à récupérer la quantité résiduelle de fioul dans la salle des machines ».

« Puisque le fioul a été largement enlevé et que la quantité restant est faible, l’impact de l’opération sur l’environnement devrait être limité », a jugé un responsable de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA).

« Le gouvernement (mauricien) doit encore décider quoi faire avec cette partie restante », a-t-il précisé.

Le Japon a annoncé l’envoi mercredi d’une nouvelle équipe d’experts sur l’île Maurice pour participer aux efforts de dépollution. Cette équipe acheminera du matériel, dont des produits absorbants.

Le gouvernement mauricien a été accusé de négligence, la population de cette île touristique se demandant pourquoi si peu avait été fait entre le moment où le MV Wakashio s’est échoué et l’apparition de la fuite.

Pravind Jugnauth a estimé qu’aucune erreur n’avait été commise et a refusé de présenter des excuses.

Le propriétaire japonais du bateau, Nagashiki Shipping,  s’est déclaré « profondément conscient de (ses) responsabilités » et a promis de répondre « sincèrement » aux demandes de compensation.