(N’Djamena) Le Tchad a annoncé dimanche avoir reçu de Madagascar un don de 600 doses de Covid-Organic, un breuvage présenté par le président malgache comme un traitement efficace contre le coronavirus, mais que l’OMS déconseille dans l’attente d’une étude scientifique fiable.  

Agence France-Presse

« Nous avons reçu 600 médicaments de Madagascar », a déclaré à l’AFP le ministre de la Santé du Tchad Mahmoud Youssouf Khayal.

La tisane sera « donnée aux personnes malades de la COVID-19, comme un complément alimentaire. Nous n’avons pas changé notre protocole thérapeutique », a précisé le ministre.

Le Tchad qui compte officiellement dimanche 322 cas de nouveau coronavirus, dont 31 décès, traite ses malades avec de l’hydroxychloroquine ou du phosphate de chloroquine.

Ces derniers jours, Madagascar a livré dans plusieurs pays du continent son Covid-Organic, un breuvage à base d’artemisia, une plante à l’effet thérapeutique reconnu contre le paludisme, en affirmant qu’elle prévenait voire soignait la COVID-19.

Les éventuels effets de cette tisane n’ont été validés par aucune étude scientifique.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde jeudi contre « l’adoption d’un produit qui n’a pas été soumis à des tests pour en vérifier l’efficacité ».  

Jusqu’à 15 jours de prison pour non-port du masque dans les lieux publics

Les Tchadiens qui ne respectent pas l’obligation de porter un masque dans les lieux publics sont passibles d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 15 jours, selon un arrêté du gouvernement signé dimanche.

« Toute personne (qui) ne respecte pas le port du masque sera punie d’une amende de 2000 francs CFA et pourra l’être en outre de l’emprisonnement jusqu’à quinze jours au plus », selon cet arrêté pris par le ministre de la Défense et de la Sécurité, Mahamat Abali Salah, applicable à compter de ce dimanche.

Le port du masque pour empêcher la propagation du nouveau coronavirus est obligatoire au Tchad depuis jeudi. La mesure a été jusqu’ici peu respectée dans les rues de la capitale, Ndjamena, a observé dimanche un journaliste de l’AFP.

Le Tchad, pays sahélien pauvre et au système de santé défaillant, comptait officiellement dimanche 322 cas de nouveau coronavirus, dont 31 décès.

Mi-avril, les autorités avaient annoncé une obligation du port du masque en public, avant de se rétracter, reconnaissant un manque de matériel de protection disponible sur son territoire.

Dans ce pays de 16 millions d’habitants, les urgences sanitaires sont fréquentes et affectent près de 2 millions de personnes.

Ce pays fait face à d’autres épidémies dont celle de la rougeole, avec, entre janvier et novembre 2019, plus de 25 500 cas suspects, dont 255 décès.