Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a accusé vendredi les « pays occidentaux » d'avoir « soutenu » les émeutes, brutalement réprimées, qui ont secoué le pays le mois dernier après sa décision d'augmenter les prix du pétrole.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Au moins 12 personnes ont été tuées, des centaines d'autres blessées et les forces de l'ordre ont procédé à plus d'un millier d'arrestations, selon les ONG.

« On peut bien sûr regretter les pertes en vies humaines, mais nous devions protéger les biens autant que les citoyens qui ne participaient pas aux manifestations », a déclaré M. Mnangagwa, cité par les quotidiens Newsday et Independant.

« Nous avons dit aux pays occidentaux qu'ils ne pouvaient pas venir nous faire part d'inquiétudes en étant ceux qui ont soutenu la violence », a-t-il ajouté lors d'un entretien accordé à plusieurs journalistes.

De nombreuses capitales étrangères ont accusé le régime de Harare d'exactions contre la population.

Le gouvernement a rendu la société civile et le principal parti d'opposition responsables des violences qui ont accompagné les manifestations contre la hausse des carburants, au prix plus que doublé, dans un pays épuisé par deux décennies de crise économique.

Depuis qu'il a succédé fin 2017 à Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa a promis de relancer le pays, jusque-là en vain.

Au bord de l'asphyxie financière, l'État peine à payer ses fonctionnaires et la population souffre de graves pénuries de produits de première nécessité, dont le pétrole.