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Les missionnaires québécois chassés par Boko Haram

Une religieuse de la Congrégation de Notre-Dame, Gilberte... (PHOTO AFP)

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Une religieuse de la Congrégation de Notre-Dame, Gilberte Buissière, 80 ans, a été enlevée au mois d'avril dans le nord du Cameroun.

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La campagne des groupes affiliés à Boko Haram au Nigeria et dans les pays environnants rend pratiquement impossible le travail des missionnaires québécois. Une religieuse de la Congrégation de Notre-Dame, Gilberte Bussière, originaire d'Asbestos, est toujours captive plus d'un mois après son enlèvement dans le nord du Cameroun, où elle s'occupait d'une école qu'elle avait fondée.

«Au Niger, où Boko Haram est aussi actif, les missionnaires occidentaux ne peuvent plus sortir de la capitale, Niamey», dit le père Julien Cormier, provincial des Pères blancs à Montréal. «Nous n'y avons plus personne, comme au Nigeria. Il n'y a plus de missionnaires blancs dans le nord du Nigeria, seulement dans le Sud.»

La directrice des communications de la Congrégation de Notre-Dame, Stéphanie Manseau, a indiqué qu'il n'y aurait aucun commentaire sur le cas de soeur Gilberte.

Mme Manseau s'est limitée à dire qu'«à sa connaissance», la Congrégation n'avait pas rapatrié de missionnaires vers le Canada et que les soeurs camerounaises de la Congrégation sont toujours «présentes au Cameroun».

Raymond Marquis, directeur général des Oblats à Montréal, qui n'ont pas de missionnaires au Nigeria, explique qu'«il faut faire attention à ne pas offrir des cibles pour des enlèvements, surtout si le gouvernement canadien offre au Nigeria de l'équipement militaire ou de surveillance» pour l'aider dans sa lutte contre le groupe Boko Haram. Le père Marquis pense lui aussi que soeur Gilberte a été enlevée par un groupe affilié à Boko Haram, dont le nom, tiré phonétiquement du mot anglais «book», signifie que l'«éducation occidentale» est un «péché».

«Certains gouverneurs ont des liens directs avec Boko Haram et peuvent demander que certaines écoles chrétiennes ne soient pas attaquées.»

Le père Giulio Albanese

Le père Julien précise toutefois qu'une dernière missionnaire québécoise de la Congrégation de Notre-Dame du Perpétuel Secours oeuvre toujours dans son école à Niamey et doit rentrer en juin.

«J'ai moi-même travaillé dans l'est du Niger jusqu'en 2004, dit le père Julien. Les enlèvements d'Occidentaux y ont commencé il y a trois ans. Au Niger, qui est essentiellement musulman, le premier président avait demandé à la Congrégation du Perpétuel Secours de fonder des écoles privées. Aujourd'hui, les professeurs sont musulmans, les missionnaires sont les directeurs des écoles. Les missionnaires occidentaux doivent laisser leur place aux religieux d'origine africaine, ou aux musulmans si c'est possible. Les Africains sauvent nos écoles africaines.» Il n'y a pas de prosélytisme dans ces écoles catholiques du Niger, selon le père Julien.

Les religieux musulmans sont moins susceptibles d'être enlevés parce qu'ils ne commandent pas de rançons comme les Occidentaux, selon le père Julien. Mais les écoles fondées par les missionnaires au Niger et celles du nord du Nigeria continuent d'être des cibles pour Boko Haram.

«Les fonctionnaires chrétiens du sud du Nigeria qui sont nommés dans le Nord musulman veulent avoir leur propre réseau scolaire, dit le père Julien. Souvent, les musulmans locaux y envoient leurs enfants parce que ce sont des bonnes écoles. C'est inadmissible pour Boko Haram.»

Le père Giulio Albanese, qui dirige à Rome plusieurs publications missionnaires, et se rend «régulièrement» au Nigeria, précise que les missionnaires occidentaux qui sont enlevés dans la région sont souvent libérés par l'entremise de dirigeants tribaux ayant des relations ambiguës avec Boko Haram.

«Je sais que c'est le cas pour les deux missionnaires italiens qui ont été enlevés dans le nord du Cameroun avec la religieuse canadienne [soeur Gilberte], et aussi pour un missionnaire français qui a été enlevé puis libéré voilà deux ans, dit le père Albanese.

«Boko Haram a des appuis au sein de l'armée et des administrations officielle et tribale. Les gouverneurs et les politiciens s'en servent dans les tractations pour la répartition de la richesse pétrolière. Certains gouverneurs ont des liens directs avec Boko Haram et peuvent demander que certaines écoles chrétiennes ne soient pas attaquées.»

EN CHIFFRES

40%

Proportion d'habitants du Nigeria qui sont chrétiens

9%

Proportion d'Africains qui étaient chrétiens en 1919

63%

Proportion d'Africains qui étaient chrétiens en 2013

11 500

Nombre de dénominations chrétiennes en Afrique, la plus importante étant l'Église catholique.

49%

Proportion des chrétiens africains qui étaient catholiques en 2013

Sources: The Global War on Christians, CIA World Factbook




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