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Le gouvernement de la Guinée démissionne

Le premier ministre guinéen Mohamed Saïd Fofana occupait ses... (Photo CELLOU diallo, AFP)

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Le premier ministre guinéen Mohamed Saïd Fofana occupait ses fonctions depuis décembre 2010.

Photo CELLOU diallo, AFP

Agence France-Presse
Mouctar BAH

Le premier ministre guinéen Mohamed Saïd Fofana, en poste depuis trois ans, a présenté mercredi la démission de son gouvernement, un changement attendu survenant deux jours après l'installation de la nouvelle Assemblée nationale.

Un remaniement était attendu en Guinée depuis fin décembre, lorsque le président Alpha Condé avait promis, dans un discours public, de composer un gouvernement de mission après les turbulences politiques ayant suivi les élections législatives du 28 septembre 2013, aux résultats contestés avec virulence par l'opposition.

Toutefois, de mémoire de Guinéens, c'est la première fois qu'un gouvernement démissionne dans le pays après des élections législatives, pratique courante dans beaucoup de démocraties où le premier ministre est généralement issu de la majorité.

«Le premier ministre, chef du gouvernement, Mohamed Saïd Fofana, a remis la démission de son gouvernement au président de la République ce mercredi», a annoncé la présidence guinéenne dans un communiqué.

Dans ce document, M. Fofana, économiste qui occupait les fonctions de premier ministre depuis décembre 2010, indique que le président Condé «a remercié les membres du gouvernement pour tous les efforts qui ont été abattus».

«Dans l'ensemble, il est satisfait des efforts qui ont été fournis et il a pris l'engagement de continuer à oeuvrer pour que ce pays sorte de la misère. C'est ce qui est important», a affirmé M. Fofana.

Aucun calendrier n'était disponible sur la nomination du nouveau chef de gouvernement, «qui relève de la discrétion» du président Condé, ni sur la formation du nouveau gouvernement «qui relèvera du nouveau premier ministre qui va être désigné», a indiqué à l'AFP une source à la présidence guinéenne.

«Pour le moment, la démission du gouvernement est effective, on attend la suite», a-t-on dit de même source, sans plus de commentaire.

Deux noms de probable futur premier ministre

Ces dernières semaines, le ministre des Finances démissionnaire Kerfalla Yansané, nommé en 2010 et juriste de formation, a été évoqué par des observateurs comme probable futur premier ministre. D'autres citaient Kémoko Touré, un proche d'Alpha Condé qui fut jusqu'en décembre dernier patron de Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG).

Aucun commentaire n'a pu être obtenu sur ces rumeurs auprès des concernés.

Depuis son investiture comme président en décembre 2010, Alpha Condé avait évoqué son souhait d'avoir un premier ministre originaire de la Basse-Guinée (ouest du pays), et en cas de majorité parlementaire, un président de l'Assemblée nationale originaire de la Guinée forestière (sud).

Lundi, lors de sa session inaugurale, la nouvelle Assemblée nationale a élu comme président un député du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, le parti d'Alpha Condé), Claude Kory Koundiano, un septuagénaire du Sud et militant depuis deux décennies au RPG.

Le RPG avait remporté les législatives du 28 septembre, raflant 53 sièges de députés sur 114. Avec les petits partis qui lui sont alliés, la coalition présidentielle a la majorité absolue de 58 députés.

L'ensemble des partis d'opposition a, lui, obtenu 53 députés, dont 37 pour l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), formation de l'ex-premier ministre Cellou Dalein Diallo, candidat malheureux à la présidentielle de 2010.

Ces législatives en Guinée, les premières depuis 2002, auraient dû se tenir dans les six mois suivant l'investiture en décembre 2010 d'Alpha Condé, premier président démocratiquement élu de Guinée.

Mais elles avaient été repoussées à maintes reprises tant la méfiance était grande entre le chef de l'État et ses opposants, dans un pays à l'histoire marquée par les violences politiques et militaires, les coups d'État et la répression sanglante des manifestations, et où les divisions politiques recoupent souvent les dissensions ethniques.

La coalition formée autour du RPG est majoritairement malinké, ethnie du président Condé. Le parti du principal opposant Cellou Dalein Diallo rassemble essentiellement des Peuls, son ethnie.




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