Nelson Mandela est toujours dans «un état stable, mais critique», a indiqué lundi la présidence sud-africaine, s'exprimant pour la première fois depuis le retour du héros national à son domicile, où il est soigné depuis début septembre après trois mois d'hospitalisation.

«L'état de santé de l'ancien président reste plus ou moins le même que lorsque le président (Jacob) Zuma lui avait rendu visite la dernière fois, c'est-à-dire stable, mais critique, et Madiba continue de réagir au traitement», a noté la présidence dans un communiqué, appelant Mandela par son nom de clan, affectueusement repris par la majorité des Sud-Africains.

Le communiqué a été diffusé à l'issue d'une visite du président Zuma au chevet du héros de la lutte anti-apartheid lundi matin, rompant plus de deux mois de silence au sujet du vieil homme âgé de 95 ans qui avait frôlé la mort en juin.

M. Zuma inaugurait lundi soir une exposition permanente sur la vie de Nelson Mandela à sa fondation lors d'un cocktail dînatoire à Johannesburg.

Un petit-fils de Mandela, Mandla, présent à cette inauguration, a déclaré à des journalistes que l'état du grand homme s'améliorait «régulièrement», quoique toujours «très critique».

«J'ai pu lui rendre visite (dimanche) et j'ai été fier de le trouver en bonne forme, son état s'améliore régulièrement même s'il reste très critique». «Nous, sa famille, nous sommes heureux de l'avoir à la maison.»

Selon son ex-femme Winnie Madikizela-Mandela, Nelson Mandela est toujours «assez malade» et n'est pas capable de parler, mais «communique par signes avec son visage».

«Il ne peut pas articuler» «à cause de tous les tubes dans sa bouche pour drainer (les fluides de) ses poumons», a-t-elle expliqué au journal Sunday Independent du 17 novembre.

«Les médecins nous ont dit qu'ils espéraient qu'il retrouve sa voix», a-t-elle précisé, niant catégoriquement que Nelson Mandela soit sous respirateur artificiel. «J'ai entendu cette sottise qu'il était placé sous respirateur artificiel. Il ne l'est pas», a-t-elle affirmé.

Le premier président noir d'Afrique du Sud est soigné à son domicile par une équipe de 22 médecins de Johannesburg depuis le 1er septembre, après avoir été hospitalisé près de trois mois pour une infection pulmonaire et probablement de multiples complications.

Bien que sa pneumonie soit guérie, ses poumons demeurent sensibles, a indiqué Winnie Madikizela-Mandela.

«C'est difficile pour lui», «il est toujours très sensible aux germes, donc il doit être maintenu dans un milieu stérile. Sa chambre est comme une salle de soins intensifs», a-t-elle relaté au journal. Mais «quand il est très détendu, il va bien et cela nous donne beaucoup d'espoir». «Il est dans une atmosphère qu'il reconnaît», a-t-elle ajouté.

Les problèmes pulmonaires du prix Nobel de la paix sont probablement liés aux séquelles d'une tuberculose. Il avait contracté cette maladie pendant son séjour sur l'île-prison de Robben Island, au large du Cap, où il a passé dix-huit de ses vingt-sept années de détention dans les geôles du régime de l'apartheid.