Une série d'attaques à la bombe dans un quartier chrétien de Kano, la deuxième ville du Nigeria et plus grande agglomération du nord du pays, a fait douze morts, selon un nouveau bilan publié par l'armée mardi.

Aminu Abubakar AGENCE FRANCE-PRESSE

Au moins quatre explosions avaient visé des bars à ciel ouvert dans la nuit de lundi à mardi, dans le quartier majoritairement chrétien de Sabon Gari à Kano. Selon un habitant, une église serait l'une des cibles.

«La mort de 12 personnes a été confirmée», indique un communiqué de l'armée. Le précédent bilan fourni par la police faisait état de 6 morts et 6 blessés.

Les autorités ont attribué ces attaques au groupe islamiste Boko Haram.

«J'ai vu une personne transporter un blessé aux jambes ensanglantées sur ses épaules», a rapporté Chinyere Madu, une vendeuse de fruits du quartier.

«Ma maison n'est pas loin de là», a témoigné un habitant, Kola Oyebandji, «toutes mes fenêtres sont brisées».

Idika Tobias, qui habite dans le quartier, s'est rendu sur le site de l'explosion et a décrit à l'AFP un site couvert d'effets personnels abandonnés dans la panique.

«Des chaussures, des sacs, des téléphones portables» sont répandus sur le sol, a-t-il dit.

Une petite église coincée entre deux bars semble avoir été l'une des cibles des explosions, a-t-il ajouté.

Boko Haram, qui affirme lutter pour la création d'un État islamique dans le Nord du Nigeria, est régulièrement rendu responsable d'attentats à la bombe.

Kano est l'une des cités les plus touchées par l'insurrection, même si la fréquence des attaques a diminué au cours des derniers mois.

Suite à une attaque planifiée et coordonnée en janvier 2012 qui avait coûté la vie à 185 personnes, les forces de sécurité ont investi la ville, installant des barrages à de nombreux rond-points et carrefours.

En mars, un attentat-suicide du groupe radical contre une gare routière de Sabon Gari avait fait 41 morts.

L'armée a lancé une offensive militaire le 15 mai dans les États de Borno, Yobe et Adamawa, dans le Nord-Est, et y a décrété l'état d'urgence, dans le but d'y mettre fin à l'insurrection islamiste

La violence est cependant loin d'avoir disparu, particulièrement dans les recoins les plus éloignés de la région.

Au moins trois écoles ont été attaquées dans le Nord-Est par des membres présumés de Boko Haram depuis le début de l'offensive de l'armée le 15 mai.

Samedi, au moins 20 personnes ont été tuées dans le village de Dawashe lorsque des islamistes présumés ont ouvert le feu sur des miliciens venus les attaquer.

Les attentats de Boko Haram et la répression menée par les forces de sécurité ont fait au moins 3600 morts depuis le début de l'insurrection en 2009, selon l'ONG Human Rights Watch.