L'ancien chef des puissants services de renseignement soudanais, qui était poursuivi pour une tentative de coup d'État et encourait la peine de mort, a été amnistié et libéré mercredi, a indiqué son avocat.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Salah Gosh «a été relâché dans le cadre de l'amnistie accordée par le président (Omar el-) Béchir à tous ceux qui ont participé au coup d'État», a déclaré Me Nabil Adib à l'AFP.

Selon l'agence de presse officielle SUNA, le ministre de la Justice Mohammed Bachara Dusa «a émis un décret pour libérer» M. Gosh ainsi qu'un autre officier des services de sécurité, le général Salaheddine Ahmed Abdallah al-Toam.

M. Gosh a quitté sa prison au premier jour du mois de jeûne musulman du ramadan.

Il était le plus haut placé des responsables politiques arrêtés en novembre dernier dans le cadre d'une enquête sur une tentative présumée de coup d'État contre Omar el-Béchir, qui dirige le Soudan depuis 24 ans.

M. Gosh est également l'un des derniers à recouvrer la liberté, après l'amnistie déjà octroyée à des officiers du renseignement et d'autres militaires.

Selon un témoin, il a été accueilli avec enthousiasme à son retour chez lui. «Il y a toute une foule de gens qui marquent l'évènement en tuant un mouton», a indiqué ce témoin, ajoutant que de nombreux membres de la famille donnaient l'accolade à l'ex-chef du renseignement.

Il avait été inculpé fin juin en vertu du code pénal et de la loi antiterroriste pour son rôle supposé dans le complot, avait à l'époque expliqué à l'AFP un autre de ses avocats, Ali Al-Saeed.

Salah Gosh a dirigé les services soudanais de renseignement pendant une décennie jusqu'en 2009.

Sous sa direction, la coopération avec la CIA, l'agence de renseignement américaine, a été développée.

Il a ensuite été nommé conseiller présidentiel avant d'être démis de ses fonctions début 2011. Il était favorable à un dialogue avec l'opposition.

En avril, le président Béchir avait gracié 15 membres des services de sécurité et de l'armée qui étaient emprisonnés pour complicité dans ce complot.

Selon des analystes, cette affaire reflète une lutte de pouvoir au sein du gouvernement de Béchir, arrivé au pouvoir en 1989 par un Coup d'État soutenu par les islamistes.

De source officielle, seuls quelques vagues détails ont filtré sur cette conspiration liée, d'après des analystes, à un noyau dur d'officiers islamistes, autrefois soutiens de premier plan du régime.

M. Gosh ne fait pas partie du camp islamiste.