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«Terribles» conditions pour les déplacés du Darfour

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Les conditions dans de nombreux camps se sont détériorées au cours de la dernière décennie. De moins en moins d'organisations peuvent fournir des services de base.

PHOTO ALBERT GONZALEZ FARRAN, AFP

Agence France-Presse
KHARTOUM, Soudan

Des déplacés du Darfour ayant récemment fui cette région de l'ouest du Soudan en proie aux violences vivent dans des conditions «terribles», a indiqué jeudi un expert de l'ONU appelant à une aide immédiate pour éviter un «désastre humanitaire».

Mashood Baderin, expert indépendant de l'ONU sur les droits de l'Homme au Soudan, s'est rendu dans un camp de déplacés à Otash, dans la province du Darfour-Sud, où plus de 4500 déplacés sont arrivés ces six dernières semaines, selon lui.

«Les conditions difficiles auxquelles font face les gens dans le camp, les femmes et les enfants en particulier, sont terribles», a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Khartoum.

«Les tentes sont inadaptées et la plupart des déplacés ont eu recours à des matériaux trouvés sur place pour se construire un abri de fortune».

Ils ont besoin d'«aide et d'une attention immédiate pour que soit évité un désastre humanitaire» à l'approche de la saison des pluies, a souligné M. Baderin.

En raison d'une recrudescence des violences tribales et des affrontements entre forces gouvernementales et rebelles, des déplacés ont également afflué vers d'autres camps proches de Nyala, chef-lieu du Darfour-Sud.

«Il est regrettable que depuis ma dernière visite il y ait eu une recrudescence des conflits tribaux, ainsi que des affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales dans la région du Darfour, qui ont créé un climat d'insécurité et de déplacements forcés», a déploré M. Baderin qui a effectué trois voyages au Soudan au cours de l'année écoulée.

Il doit présenter un rapport au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU en septembre.

Au Darfour, où le soulèvement en 2003 de tribus noires contre le pouvoir central de Khartoum, dominé par les Arabes, a plongé la région dans la guerre civile. Les violences ont diminué, mais la criminalité règne et les combats ont poussé 300 000 personnes à fuir cette année, selon l'ONU.

Ce chiffre est plus important que celui des deux dernières années combinées, a indiqué l'ONU. 1,4 million de personnes avaient déjà été déplacées du Darfour auparavant.

Des représentants étrangers et des responsables de l'ONU - réunis cette semaine à El-Facher (Darfour-Nord) pour une rencontre bisannuelle sur la situation au Darfour - ont exprimé «leur profonde inquiétude face à la détérioration de l'état de la sécurité», a déclaré lundi Mohammed Ibn Chambas, à la tête de la mission mixte Union africaine-ONU au Darfour (Minuad).

Les conditions dans de nombreux camps se sont détériorées au cours de la dernière décennie. De moins en moins d'organisations peuvent fournir des services de base, a souligné le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), dans un rapport fin mai.

«De nombreuses organisations expérimentées dans la gestion de camps ont cessé d'opérer au Darfour, soit en raison d'un manque de fonds soit à cause d'entraves bureaucratiques qui rendent le travail dans la région extrêmement compliqué», affirme OCHA, rappelant que «par conséquent, les gens dans de nombreux camps vivent dans des conditions de pauvreté extrême».




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