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Afrique du Sud: crainte d'une nouvelle crise dans les mines

«Nous sommes en train de chanter et de... (Photo Tiro Ramatlhatse, Agence France-Presse)

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«Nous sommes en train de chanter et de nous rendre à la colline» proche de la mine, au pied de laquelle des croix blanches ont été plantées en hommage aux victimes du 16 août, a indiqué à l'AFP Molisi Phele, un mineur en grève joint par téléphone.

Photo Tiro Ramatlhatse, Agence France-Presse

Sibongile KHUMALO
Agence France-Presse
Marikana

Des rivalités syndicales ont provoqué une grève sauvage mardi à la mine de Marikana, théâtre d'un conflit meurtrier l'an dernier, faisant craindre un nouvel embrasement des mines sud-africaines quelques jours après l'assassinat d'un syndicaliste et l'annonce de licenciements chez Amplats, le numéro un mondial du platine.

«Les activités de Lonmin sont suspendues (...) en raison d'un débrayage illégal», a indiqué Sue Vey, porte-parole du groupe britannique qui exploite la tristement célèbre mine de platine de Marikana (nord), où la police sud-africaine a abattu 34 grévistes le 16 août 2012, au cours d'une longue grève sauvage qui a fait en tout une cinquantaine de morts.

Des grévistes ont expliqué à l'AFP être furieux que leur entreprise continue de tenir compte du Syndicat national des mineurs (NUM) alors qu'il a été supplanté par Amcu, un syndicat plus radical aux méthodes parfois musclées.

Amcu et le NUM sont quasiment en guerre, le premier accusant le second, proche du pouvoir, d'être trop conciliant avec le patronat, alors qu'une bonne partie des mineurs et de leurs familles vivent dans la misère.

Et la surenchère continue, au moment où s'ouvrent de nouvelles négociations salariales dans la profession.

Amcu, qui a pris de plus en plus d'importance ces derniers mois, a été à l'origine du violent mouvement de 2012, lequel avait fait tache d'huile dans la plupart des mines sud-africaines --dont le poids est très important pour la plus puissante économie du continent.

Selon un pointage publié jeudi dernier par la direction, Amcu représente désormais 70% des mineurs de Lonmin, contre 20% pour le NUM.

Mais les négociations sur les modalités de la reconnaissance du nouveau syndicat majoritaire patinent.

Trois morts ces derniers jours

«Nous n'irons pas sur terre jusqu'à ce que le NUM soit chassé de la mine. Ils tuent nos membres et Lonmin ne fait rien», a expliqué mardi le secrétaire local d'Amcu, Bob Mhelwenkomo, aux mineurs rassemblés dans un stade, après avoir rencontré la direction.

«Demain (mercredi), nous pointerons, mais nous ne descendrons pas sous terre», a-t-il ajouté, ajoutant qu'il réclamait également une amélioration des conditions de sécurité.

Des mineurs de Lonmin avaient déjà débrayé pour les mêmes raisons début mars, tout comme leurs collègues d'Amplats à la mi-février.

Un gréviste appelé Clive a toutefois dit à l'AFP qu'il était là parce qu'il suivait le mouvement, ne voulant pas se faire remarquer: «Pour être honnête, je ne comprends pas ce qui se passe. On m'a dit qu'on ne travaillait pas aujourd'hui, et qu'il faut se rassembler ici. Ici, vous faites ce qu'on vous dit de faire, vous ne voulez pas être vu faire le contraire!»

Selon le quotidien économique Business Day, les syndicalistes d'Amcu se plaignent aussi d'avoir été tenus à l'écart des discussions autour du plan social annoncé vendredi par le numéro un mondial du platine Amplats. Celui-ci prévoit la suppression de 6000 emplois --12% de ses effectifs dans le pays--, essentiellement dans le bassin de Rustenburg, à une quarantaine de kilomètres de Marikana.

Tant Amcu que le NUM ont appelé à l'action pour s'opposer à toute suppression d'emplois.

En outre, le week-end a été endeuillé par trois meurtres.

À deux pas d'une mine d'Amplats, le coordinateur régional d'Amcu Mawethu Steven --appelé aussi «Steve»--, a été abattu par des inconnus alors qu'il regardait un match de football dans une taverne.

Ce syndicaliste devait témoigner devant la commission d'enquête sur les violences de l'an dernier, qui poursuit ses auditions depuis plusieurs mois à Rustenburg.

«Qui a tué Steve?», ont chanté les manifestants dans le stade.

Les gens du NUM «utilisent des armes à feu pour tuer nos gens, les membres d'Amcu, et Lonmin les protège», a accusé le gréviste Mandisi Dlamini.

«Les choses tournent mal ici, nous ne pouvons pas rester les bras croisés quand nos gens sont tués tous les jours... C'est la faute du NUM», a renchéri Michael Sobantu, un militant d'Amcu.

Le NUM se plaint lui aussi d'être la cible de violences, deux autres hommes --des jumeaux-- ayant été tués par balle dimanche soir dans un bidonville situé aux portes de la mine de Marikana. L'ancien syndicat majoritaire dit que l'un d'eux était l'un de ses permanents. Des affrontements ont alors opposé la police à des habitants du bidonville.

Amcu avait lancé un appel au calme lundi, alors que la tension est extrêmement vive dans la région.

Ces nouveaux débrayages à Marikana ont pesé sur la Bourse de Johannesburg mardi, et ont fait chuter le rand sud-africain. L'action Lonmin a perdu 7,31% à Londres.

Les rivalités syndicales, les suppressions d'emplois et les brutalités policières «pourraient mener à une situation incontrôlable», a estimé Peter Attard Montalto, analyste chez Nomura.




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