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Kinshasa refuse de négocier avec le «fictif» M23

Des combattants du M23, photographiés en banlieue de... (PHOTO PHIL MOORE, AFP)

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Des combattants du M23, photographiés en banlieue de Goma, le 19 novembre.

PHOTO PHIL MOORE, AFP

Agence France-Presse
Goma, RDC

Le mouvement rebelle du M23 a repris lundi après-midi ses tirs contre l'armée congolaise après que le gouvernement de Kinshasa eut refusé de négocier avec lui, bien qu'il ait défait l'armée et pris position aux portes de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

 

 

Ces tirs ont visé l'aéroport et le camp militaire de Katindo, a-t-on appris de source militaire occidentale. Ils ont provoqué une panique dans la ville, les habitants cherchant à fuir vers le sud ou vers la frontière rwandaise toute proche. Selon une source hospitalière, un obus aurait touché un hôtel et six blessés ont été amenés à l'hôpital Heal Africa.

Lundi matin le Mouvement du 23 mars (M23) a lancé un ultimatum au gouvernement, lui demandant d'ici 24 heures d'annoncer l'ouverture de négociations avec lui ainsi qu'avec l'opposition, la société civile et la diaspora congolaise.

Mais Kinshasa «ne négociera pas» avec les rebelles du M23, a affirmé le porte-parole du gouvernement de RDC Lambert Mende, interrogé par l'AFP.

Selon lui, «ce sont des forces fictives mises en place par le Rwanda pour dissimuler ses activités criminelles en RDC». «Nous préférons négocier avec le Rwanda, l'agresseur réel, au sein de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs», a-t-il ajouté.

Le M23, qui attribue au gouvernement la responsabilité des derniers affrontements qui se sont conclus dimanche par la défaite de l'armée aux portes de Goma, a annoncé que si ses exigences n'étaient pas satisfaites, il poursuivrait «sa résistance contre le gouvernement de Kinshasa jusqu'à sa chute».

Le M23 a été créé début mai par des militaires, qui après avoir participé à une précédente rébellion, ont intégré l'armée en 2009, à la suite d'un accord de paix. Ils se sont mutinés en avril, arguant que Kinshasa n'avait pas respecté ses engagements.

Ils réclament notamment le maintien de tous les officiers dans leurs grades et refusent «le brassage» (affectations dans d'autres unités et d'autres régions) que veut leur imposer Kinshasa, ce qui les éloignerait de leur zone d'influence dans l'est.

Cet ultimatum du mouvement rebelle fait suite à l'avancée du M23 jusqu'aux portes de Goma. Dimanche midi, après l'intervention d'hélicoptères de l'ONU pour protéger les abords de l'aéroport, le M23 s'est arrêté à Munigi, à 5 kilomètres du centre-ville.

Depuis, les lignes des belligérants se sont stabilisées, à environ un kilomètre l'une de l'autre, selon un observateur militaire.

Faute de pouvoir atterrir à Goma, une délégation de sept ministres est arrivée de Kinshasa à Bukavu, la grande ville de la province voisine du Sud-Kivu, et devait se rendre par la route à Goma. Mais après les nouveaux tirs de lundi après-midi, leur venue a été annulée, a-t-on appris à Bukavu.

Le gouvernement congolais a toujours refusé d'engager des négociations avec le mouvement rebelle qu'il considère comme une émanation du Rwanda voisin. Des accusations reprises par les Nations unies, mais qui sont démenties par Kigali. Les officiers mutins qui ont créé ce mouvement ont rapidement pris une partie du territoire congolais adossé aux frontières ougandaise et rwandaise, et ont été exclus de l'armée.

Le M23 a également exigé «la démilitarisation de la ville et de l'aéroport de Goma» d'ici 24 heures et «la protection des populations par les forces de maintien de la paix de la MONUSCO (Mission des Nations unies pour le maintien de la paix au Congo) présentes dans la ville dans l'exercice de leur mission première».

Dimanche le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a affirmé que les 6700 Casques bleus basés dans le Nord-Kivu allaient y rester, le Conseil de sécurité ayant exigé samedi que «tout soutien extérieur et toute fourniture d'équipement au M23 cessent immédiatement».

L'armée congolaise présente lundi dans les rues de Goma reste encore en situation de combattre, selon une source militaire occidentale. Des renforts sont arrivés de Bukavu lundi matin, a constaté l'AFP.

Si les combats devaient reprendre, Goma serait directement touchée. Cette ville déjà occupée à deux reprises en 1996 et 1998 par des rebellions, accueille environ 300 000 habitants et les réfugiés qui s'étaient massés au nord depuis l'offensive rebelle de juillet se sont déplacés vers le sud.




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