Trois personnes ont trouvé la mort mercredi lors d'échanges de coups de feu entre partisans de groupes rebelles rivaux dans un camp de déplacés situé à l'ouest de la région soudanaise du Darfour, a annoncé l'ONU jeudi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

La rixe a opposé des partisans du Mouvement pour la Libération et la Justice (MLJ), qui rassemble une dizaine de groupes rebelles actuellement en pourparlers avec le gouvernement soudanais, à ceux de l'Armée/mouvement de libération du Soudan (MLS-SLA) d'Abdelwahid Nour, a indiqué Martin Nesirky, porte-parole du secrétaire général des Nations unies.

Le MLS-SLA se bat contre les autorités de Khartoum depuis 2003.

Le conflit du Darfour, qui dure depuis sept ans, a fait 300 000 morts selon les estimations de l'ONU - 10 000 d'après Khartoum - et 2,7 millions de déplacés.

S'appuyant sur des déclarations de la force de maintien de la paix de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour (Minuad), M. Nesirky a ajouté que «l'aide humanitaire apportée au camp a été interrompue jusqu'à tant que la sécurité se soit améliorée».

Il a également indiqué que des maisons appartenant au MLJ avaient été incendiées.

Selon M. Nesirky, l'accrochage a pris fin et les troupes soudanaises ont arrêté quatre suspects et saisi des armes.

Par ailleurs, le porte-parole de Ban Ki-moon a annoncé que sept soldats de la Minuad qui patrouillaient dans l'ouest du Darfour avaient été blessés lors d'une embuscade tôt jeudi.

Le gouvernement soudanais et le MLJ ont signé jeudi dernier à Doha au Qatar un accord de cessez-le-feu.

Le MLJ, minoritaire au Darfour, est le seul groupe présent à la table des négociations de Doha, boudées par le groupe rebelle le plus militarisé, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) de Khalil Ibrahim, qui s'en est retiré en mai, et le MLS-SLA d'Abdelwahid Nour qui n'a jamais participé aux pourparlers de Doha.