Le calme semblait revenu jeudi matin à Jos, ville du centre du Nigeria où quatre jours d'affrontements ethnico-religieux ont fait au moins 300 morts, a constaté l'AFP.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Tout est rentré dans l'ordre, plus aucun combat ou violences n'ont été signalés», a déclaré à l'AFP Gregory Anting, le chef de la police de l'État du Plateau, dont Jos est la capitale. «Cela semble terminé pour l'instant, mais il y a surtout des soldats dans les rues», a témoigné auprès de l'AFP un résident, Mohammed Anguarrogo, interrogé par téléphone à son domicile de la banlieue nord de Jos, également touchée par les violences.

Selon M. Anting, les milliers de personnes qui avaient fui cette ville d'un demi-million d'habitants «commencent à rentrer chez eux» avec l'assouplissement du couvre-feu, allégé de 24H sur 24 à 17H00-10H00 du matin, pour constater d'éventuels dégâts et se mettre en quête d'eau et de nourriture.

Un journaliste local basé à Jos a aussi indiqué à l'AFP que les autorités locales avaient commencé à distribuer riz, couvertures et bassines aux victimes des violences.

«Les activités commencent à reprendre doucement», a également indiqué le chef de la police de l'État.

Le gouvernement local a toutefois interdit la circulation des motos-taxi, connus sous le nom d'«okadas» et accusés d'être utilisés «par des criminels qui profitent de la situation».

Un correspondant de l'AFP a vu dans les rues des milliers de soldats et policiers chargés de prévenir toute résurgence des heurts qui ont embrasé la ville.

L'armée a érigé partout des points de contrôles où des soldats arrêtent et fouillent tous les véhicules.

Jeudi, les habitants ont commencé à enterrer les morts, mais aucun bilan officiel des victimes n'a encore été établi depuis les chiffres fournis mardi soir à l'AFP de sources religieuses et paramédicale.

Un correspondant de l'AFP a pu voir dans la matinée un véhicule blindé de l'armée tirer une remorque chargée de dizaines de corps en direction d'un cimetière de la ville.