Le pape Benoît XVI a dénoncé dimanche le fléau de la guerre sur le Continent noir et appelé tous les Africains à la réconciliation lors d'une messe géante en plein air célébrée devant un million de fidèles à Luanda, dernier moment fort de son voyage de six jours en Afrique.

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En Angola -pays ravagé par trois décennies de guerre civile- comme dans les autres pays d'Afrique, la vraie réconciliation ne viendra que «d'un changement du coeur, d'une nouvelle façon de penser», a lancé le souverain pontife, vêtu d'une cape rose, face à une foule massée sous un soleil de plomb sur le site de la cimenterie Cimangola, un immense terrain vague poussiéreux en banlieue de la capitale angolaise. «La guerre peut détruire tout ce qui a une valeur», a noté Benoît XVI, estimant que ces maux en Afrique ont «réduit les pauvres en esclavage et privé les générations futures des ressources nécessaires à la création d'une société plus juste et plus stable».

Au cours de sa messe dominicale, le pape a également dénoncé la ôônébuleuse du mal» qui plane sur l'Afrique, suscitant guerres, conflits tribaux, rivalités ethniques, pauvreté et esclavage.

À plusieurs reprises durant son homélie, le souverain pontife s'est essuyé la sueur perlant au front avec un mouchoir. Pour faire face à une chaleur étouffante, de nombreux fidèles s'étaient, eux, équipés de parasols et de glacières.

Après un début de voyage marqué par ses propos polémiques dans l'avion sur le préservatif et le SIDA, le pape est allé dimanche soir à la rencontre d'une millier de femmes réunies dans l'annexe d'une église de Luanda, l'occasion pour lui de condamner les violences sexuelles contre les femmes et de louer le rôle des femmes dans la société africaine.

«C'est presque toujours la femme qui garde intacte la dignité humaine, qui défend la famille et protège les valeurs culturelles et religieuses», a noté le souverain pontife, en déplorant que l'importance de la famille «ne reçoive pas la considération qu'elle mérite».

Lors de cette rencontre avec les femmes, le pape en a aussi profité pour dénoncer à nouveau les 45 pays d'Afrique -dont l'Angola- qui ont légalisé l'avortement dans les cas de viols, d'inceste ou de mise en danger de la vie de la mère. Un archevêque brésilien a créé récemment la polémique en annonçant l'excommunication des médecins qui avaient pratiqué un avortement sur une fillette de neuf ans tombée enceinte après avoir été violée par son beau-père. La mère aussi a été excommuniée.

L'immense ferveur qui a accompagné le pontife en Angola, plus vieille terre de mission catholique du continent noir, a été endeuillée samedi par la mort de deux jeunes filles, tuées dans une bousculade à l'ouverture des portes du stade où le pape devait s'adresser à la jeunesse du pays.

La messe dominicale en plein air était le point d'orgue du premier périple africain du pontificat de Benoît XVI, six jours au Cameroun et en Angola, avant son retour au Vatican prévu lundi.