(Nations unies) Face au variant Omicron, les fermetures de frontières sont « profondément injustes, punitives et inefficaces », a affirmé mercredi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en dénonçant une forme d’« apartheid » à l’égard de l’Afrique et en appelant à développer les tests.

Publié le 1er déc. 2021
Agence France-Presse

« Avec un virus vraiment sans frontières, les restrictions de voyage qui isolent un pays ou une région ne sont pas seulement profondément injustes et punitives, elles sont inefficaces », a-t-il asséné lors d’un point-presse, en dénonçant le « scandale » d’une condamnation de l’Afrique pour n’être pas assez vaccinée.  

Évoquant l’Afrique du Sud, qui a signalé l’apparition d’Omicron le 24 novembre et a vu des frontières se fermer à ses ressortissants, le chef de l’ONU a estimé que les pays ne devraient pas « être collectivement punis pour avoir identifié et partagé des informations scientifiques et sanitaires cruciales avec le monde ».

C’est « injuste » et « immoral », a-t-il répété.

C’est un appel très fort que je lance, un appel au bon sens. Nous avons les instruments pour voyager en toute sécurité. Utilisons ces instruments pour éviter ce genre d’apartheid, permettez-moi de le dire, que je trouve inacceptable.

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

« Dans cette période de pandémie et de crise climatique, l’Afrique se voit condamnée à ne pas avoir les vaccins nécessaires pour son peuple. L’Afrique se voit condamnée à ne pas avoir les ressources financières nécessaires pour la relance de ses économies. L’Afrique se voit condamnée, sans avoir contribué aux changements climatiques, à subir les pires effets des catastrophes climatiques, sans avoir les ressources nécessaires pour bâtir la résilience de ses populations », a aussi martelé le chef de l’ONU.  

Présent à son côté, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a aussi dénoncé la « stigmatisation qui ne se justifie pas » du continent africain.

« Pour avoir été transparent […], l’ensemble de l’Afrique australe a subi des sanctions », a-t-il déploré à propos des fermetures des frontières à ses citoyens.

« Moins de 6 % des Africains sont vaccinés », a-t-il précisé en appelant à la solidarité internationale pour augmenter leur protection.

« J’appelle tous les gouvernements à envisager plutôt des tests répétés pour les voyageurs, ainsi que d’autres mesures appropriées et vraiment efficaces », a aussi souligné Antonio Guterres. « C’est le seul moyen de réduire le risque de transmission tout en permettant les déplacements et l’engagement économique », a-t-il ajouté.

La nouvelle souche de COVID-19 a été repérée sur tous les continents mais les Européens semblent les plus touchés et ont commencé, comme d’autres pays dans le monde, à durcir à nouveau leurs restrictions sanitaires, avec des contrôles aux frontières, des interdictions de voyager vers l’Afrique australe ou le masque obligatoire dans les transports et magasins.