(Genève) Le monde fait face à un « cocktail toxique » à cause de l’insuffisance de la couverture vaccinale contre la COVID-19 et du niveau de dépistage, a mis en garde le chef de l’OMS mercredi, assurant qu’il s’agissait d’un terrain propice pour les variants.

Mis à jour le 1er déc. 2021
Agence France-Presse

« La fin de la pandémie n’est pas une question de chance, c’est une question de choix », a déclaré le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse.

Au niveau mondial, nous avons un mélange toxique de faible couverture vaccinale et de très faible dépistage, une recette parfaite pour que des variants se reproduisent et s’amplifient.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l'OMS

Cet avertissement intervient alors que l’apparition du nouveau variant Omicron du coronavirus courant novembre a replongé la planète dans la panique. Jamais un variant n’avait provoqué autant d’inquiétude dans le monde depuis l’émergence de Delta.

Selon l’OMS, Omicron — également appelé B.1.1529 — « a été signalé pour la première fois à l’OMS le 24 novembre 2021 par l’Afrique du Sud, tandis que le premier cas connu confirmé en laboratoire a été identifié à partir d’un échantillon prélevé le 9 novembre ».

Plusieurs pays européens, notamment les Pays-Bas, ont identifié des cas du nouveau variant survenus avant le 24 novembre, date de la notification par l’Afrique du Sud.

L’OMS a qualifié vendredi dernier Omicron de variant « préoccupant », le niveau le plus élevé.

Il inquiète les experts, car il présente de nombreuses mutations susceptibles de le rendre plus contagieux, et potentiellement davantage résistant aux vaccins.

Des études sont en cours pour déterminer si c’est effectivement le cas, et dans quelle mesure, mais les premiers résultats ne devraient être disponibles dans l’immédiat.

« Couvercle hermétique »

« Au moins 23 pays dans cinq des six régions de l’OMS ont maintenant signalé des cas d’Omicron, et nous nous attendons à ce que ce nombre augmente », a indiqué M. Tedros.

À ses côtés, la responsable de la gestion de l’épidémie de COVID-19 à l’OMS, Maria Van Kerkhove, a indiqué que l’organisation ne savait pas encore quel était le pourcentage des décès associés à Omicron.

Mais, a-t-elle relevé, « nous nous attendons à avoir plus d’informations sur la transmission dans les jours qui viennent ».

Il existait jusqu’à présent quatre autres variants préoccupants : Delta, qui représente la quasi-totalité des cas séquencés dans le monde, Alpha, Bêta et Gamma.

Pendant la conférence de presse, M. Tedros et Michael Ryan, directeur de l’OMS pour les situations d’urgence, ont répété que les interdictions de voyages —mises en place par certains pays — n’empêcheront pas la propagation du variant Omicron sur la planète.

« L’idée que vous pouvez mettre un couvercle hermétique sur des pays n’est franchement pas possible », a insisté M. Ryan, appelant les pays à prendre des mesures en suivant des principes « de santé publique et non politique ».

Mme Van Kerkhove a par ailleurs indiqué que les interdictions de voyager « ont rendu difficile » l’envoi d’échantillons depuis l’Afrique du Sud, alors même que le pays est tout à fait disposé à les partager.