(Washington) Les chefs d’état-major américain et russe se sont rencontrés mercredi dans la capitale finlandaise Helsinki, au moment où les États-Unis cherchent à maintenir une surveillance à distance de l’Afghanistan pour éviter une résurgence d’Al-Qaïda.

Agence France-Presse

Cette rare rencontre entre Mark Milley et Valéri Guérassimov, la première depuis décembre 2019, devait servir à « poursuivre des discussions visant à améliorer la communication entre le commandement militaire des deux pays pour réduire les risques et les conflits », a simplement indiqué le porte-parole de l’état-major, le colonel Dave Butler, dans un communiqué.

Le colonel Butler n’a pas précisé la teneur des discussions, mais elles interviennent au moment où l’armée américaine cherche à établir des bases dans les pays limitrophes d’Afghanistan, pays enclavé, pour pouvoir surveiller les mouvements des groupes djihadistes en Afghanistan de crainte qu’ils ne préparent des attentats contre des intérêts américains.

En annonçant le retrait total des forces étrangères d’Afghanistan, le président Joe Biden avait assuré que Washington maintiendrait des « capacités au-delà de l’horizon » pour éviter une résurgence d’Al-Qaïda ou du groupe État islamique.

Mais les États-Unis, qui disposaient au début des années 2000 de bases militaires dans plusieurs pays limitrophes, notamment l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan, pour mener leurs opérations en Afghanistan, pays enclavé qui partage ses frontières avec six pays, n’ont plus aucun accès à ces pays d’Asie Centrale.

Moscou, qui considère l’Asie centrale comme son pré carré, y dispose de bases militaires.

Washington dispose de bases dans le Golfe, mais elles sont trop éloignées d’Afghanistan pour permettre des vols réguliers de drones.

Les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, revendiqués par Al-Qaïda, ont amené Washington à intervenir militairement en Afghanistan à la tête d’une coalition internationale et à renverser le régime des talibans, qui abritaient Al-Qaïda. Les talibans sont revenus au pouvoir le 15 août, forçant les forces étrangères à évacuer en catastrophe plus de 120 000 civils afghans et étrangers.