(Carbis Bay) L’épineuse question de savoir comment gérer la concurrence et l’agression croissantes de la Chine s’est posée alors que les dirigeants des pays les plus riches du monde étaient réunis samedi dans une station balnéaire de Grande-Bretagne, mais il reste à voir jusqu’où ils iront pour défendre les droits de la personne.

Stephanie Taylor La Presse Canadienne

Le premier ministre Justin Trudeau fait face à la pression des conservateurs à Ottawa, qui réclament que le Canada soit plus ferme dans ses relations avec la Chine, notamment en faisant pression sur les dirigeants du G7 pour qu’ils demandent que les Jeux olympiques devant se dérouler à Pékin en 2022 soient déplacés dans un autre pays.

L’Associated Press a rapporté que le président américain Joe Biden s’apprêtait à prendre une décision semblable en demandant aux dirigeants du G7 de condamner la Chine pour le recours au travail forcé des minorités ethniques, notamment les Ouïghours musulmans.

L’Associated Press a cité deux hauts responsables de l’administration Biden, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, affirmant que le président souhaitait voir la dénonciation incluse dans un communiqué signé entre tous les pays participants lors de la conclusion ce dimanche du sommet organisé par le premier ministre britannique Boris Johnson.

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Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le président des États-Unis, Joe Biden

Des députés d’arrière-ban libéraux et des députés de l’opposition ont voté en février pour une motion conservatrice qui qualifiait de génocide le traitement par la Chine des Ouïghours musulmans dans la province du Xinjiang. Justin Trudeau et la plupart de son cabinet se sont abstenus lors du vote.

Sans parler de génocide, le premier ministre a qualifié le traitement par la Chine des Ouïghours et d’autres minorités ethniques de « violations systématiques des droits de l’homme ».

Le Canada s’est également joint au Royaume-Uni, aux États-Unis et à l’Union européenne pour imposer des sanctions aux responsables chinois pour ces actions, qui, selon lui, étaient étayées par des « preuves de plus en plus nombreuses ».

Justin Trudeau subit également une pression croissante au Canada à propos de deux scientifiques du Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg qui ont été escortés hors du bâtiment en juillet 2019. Les deux scientifiques, Xiangguo Qiu et son mari, Keding Cheng, ont finalement été licenciés en janvier. Le gouvernement libéral a maintenant remis des documents relatifs à la question au Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement.

Les relations du Canada avec la Chine se sont compliquées depuis l’arrestation de la directrice financière du géant des télécommunications Huawei, en 2018, à la demande des États-Unis, qui cherchaient à obtenir l’extradition de Meng Wanzhou pour faire face à des accusations de fraude. M. Trudeau a toujours soutenu que son gouvernement libéral travaillait fort pour faire libérer les Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, incarcérés depuis l’arrestation de Meng Wanzhou.

« Reconstruire le monde en mieux »

Les dirigeants du G7 ont également présenté un plan de relance économique intitulé « Reconstruire le monde en mieux », nom qui fait écho au slogan de la campagne présidentielle de Joe Biden, mais aussi à une expression souvent utilisée par les libéraux de Justin Trudeau lorsqu’ils parlent de reprise postpandémie. Le plan prévoit de dépenser des centaines de milliards de dollars aux côtés du secteur privé, tout en respectant les normes climatiques et les normes du travail.

Il est conçu pour concurrencer l’initiative chinoise « les nouvelles routes de la soie », qui a lancé une série de projets dans différentes régions du monde, principalement en Asie et en Afrique. Les critiques disent que ces projets de la Chine créent souvent une dette massive et exposent les nations à une influence indue de Pékin.

La frontière canado-américaine

Le Canada est également sous pression pour rouvrir la frontière terrestre avec les États-Unis au moment où les campagnes de vaccination se poursuivent à un rythme accéléré.

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La frontière canado-américaine est fermée aux voyages non essentiels depuis plus d’un an.

S’exprimant sous le couvert de l’anonymat, un responsable fédéral a affirmé que MM. Trudeau et Biden avaient discuté de la frontière lorsqu’ils se sont rencontrés en marge d’une autre réunion avec les dirigeants du G7.

Les deux dirigeants ont évoqué la possibilité de faire « graduellement » et « prudemment » des modifications en lien avec la fermeture de la frontière, selon le responsable.

La frontière canado-américaine est fermée aux voyages non essentiels depuis plus d’un an après qu’un accord a été conclu entre les deux pays dans l’espoir de contenir l’épidémie de COVID-19.