(Genève) La patron de l’OMS a dénoncé lundi la diplomatie vaccinale dans laquelle il voit des « manœuvres géopolitiques », qui ne font que retarder la fin de la pandémie.

Agence France-Presse

Lors de son point de presse bihebdomadaire, Tedros Adhanom Ghebreyesus a aussi mis en garde contre toute complaisance dans les régions où la situation sanitaire s’améliore, mais reste « sur un plateau à un niveau inacceptable ».

« Dons » avec contreparties

« Le seul choix que nous ayons pour mettre fin à cette pandémie, c’est la coopération », a déclaré le directeur général, interrogé sur les pratiques de certains pays comme la Chine ou la Russie qui donnent accès à leurs vaccins anti-COVID-19 à des pays qui en sont dépourvus ou auraient du mal à se les procurer, mais avec des contreparties.

La diplomatie vaccinale, ce n’est pas de la coopération, c’est de la manœuvre géopolitique.

Tedros Adhanom Ghebreyesus

« Nous ne pouvons pas battre ce virus en nous faisant concurrence. Si nous sommes en compétition pour les ressources ou pour un avantage géopolitique alors c’est le virus qui prend l’avantage », a-t-il insisté.

« Et s’il y a confrontation, c’est encore pire » a-t-il mis en garde, rappelant que l’an dernier « la confrontation a miné » la stratégie de lutte contre la maladie, dans une allusion qui semble clairement faire référence à l’administration Trump.

En dehors de la coopération et la solidarité mondiale, il n’y a pas de salut « et pour cela il faut désigner le virus comme l’ennemi commun ».

90 000 morts la semaine dernière

Le Dr Tedros a souligné que, durant la seule semaine qui vient de s’écouler, la pandémie a encore tué presque 90 000 personnes et que quelque 5,4 millions ont été infectées. Des chiffres dus en grande partie à l’explosion de la maladie en Inde.

Mais même dans les pays où la situation s’améliore comme en Europe et aux États-Unis, et malgré les campagnes de vaccination qui ont permis d’immuniser déjà une bonne proportion de la population, il faut rester vigilant.

« On a déjà vécu ça », a-t-il rappelé pour mieux mettre en garde.

« Durant l’année écoulée, de nombreux pays ont affiché une baisse du nombre de cas et ont relâché trop rapidement les mesures de santé publique, et les gens ont baissé la garde et le résultat c’est que tous les progrès si coûteux se sont évaporés », a dit le directeur général.