(Rio de Janeiro) Le Brésil a connu en mars son mois le plus meurtrier depuis le début de la pandémie de COVID-19 avec plus de 66 000 morts, tandis que la France et d’autres pays européens se résignent à passer un nouveau weekend de Pâques sous lourdes restrictions sanitaires.

Agence France-Presse

« Nous n’avons jamais vu dans l’Histoire du Brésil un seul évènement tuer autant de gens en 30 jours », a déclaré à l’AFP Miguel Nicolelis, coordinateur du Comité scientifique formé par les États du nord-est du Brésil contre la pandémie.

« Nous sommes au pire moment, avec des records de morts et de contaminations, ce qui signale qu’avril sera encore très mauvais », a souligné l’épidémiologiste Ethel Maciel, professeure à l’Université fédérale d’Espirito Santo (UFES).

Les hôpitaux brésiliens sont quasi saturés. Dans plusieurs États, le personnel soignant a déjà commencé à attribuer les lits en soins intensifs aux patients les plus à même de survivre.

En France, un des pays d’Europe les plus touchés par la pandémie, le premier ministre Jean Castex doit détailler jeudi au Parlement un nouveau lot de mesures dévoilées mercredi par le président Emmanuel Macron, dont la fermeture des écoles pour plusieurs semaines et l’extension à tout le territoire de mesures de confinement.

La situation sanitaire se dégrade depuis plusieurs semaines en France, avec plus de 5000 patients en réanimation, au-delà du pic de la deuxième vague de novembre, mettant les hôpitaux sous très forte tension.

« Le succès de cette stratégie dépend de chacun d’entre nous, de notre esprit de responsabilité », a insisté Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée mercredi soir.  

Face à la troisième vague, le reste de l’Europe multiplie également les mesures pour tenter de limiter la propagation du virus, en particulier concernant les voyages.

L’Allemagne va renforcer pour les « 8 à 14 prochains jours » les contrôles autour de ses frontières terrestres, notamment avec la France, le Danemark et la Pologne.

De son côté, l’Italie a décidé de prolonger les restrictions en vigueur jusqu’au 30 avril. En Autriche, Vienne et ses alentours se reconfinent pour Pâques.

À contre-courant, la reine d’Angleterre Élisabeth II, 94 ans, a effectué mercredi son premier déplacement hors du château de Windsor depuis sa vaccination contre la COVID-19.

Explosion au Brésil

L’épidémie apparaît incontrôlable au Brésil, qui vient d’enregistrer plus de 66 000 morts en mars, deux fois plus que le pire mois jusqu’à présent, celui de juillet 2020.

« Nous sommes au pire moment, avec des records de morts et de contaminations, ce qui signale qu’avril sera encore très mauvais », a souligné l’épidémiologiste Ethel Maciel, professeure à l’Université fédérale d’Espirito Santo (UFES).

Pour le Dr Nicolelis « il est très possible » que le Brésil « atteigne le demi-million de morts d’ici à juillet ».

« Cela n’est pas seulement une menace pour le Brésil, mais aussi pour le monde entier », a-t-il ajouté, alors que les voisins latino-américains du pays subissent à leur tour de fortes poussées des contaminations.

Millions de doses gâchées

La pandémie a fait plus de 2,8 millions de morts, selon un bilan établi mercredi par l’AFP.

Les campagnes de vaccination progressent peu à peu, et l’Allemagne a maintenu son objectif de vacciner sa population adulte « d’ici à la fin de l’été » malgré la limitation décidée mardi de l’usage de l’AstraZeneca, qui ne doit plus être injecté aux moins de 60 ans.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a cependant affirmé mercredi que les experts enquêtant sur des liens présumés entre ce vaccin et l’apparition de caillots sanguins n’avaient pas trouvé de facteurs de risque spécifique, y compris l’âge, même si des études complémentaires sont en cours.

Les laboratoires Pfizer et BioNTech ont annoncé le même jour que leur vaccin était efficace à 100 % chez les adolescents de 12 à 15 ans, selon les résultats d’un essai clinique.  

Plus de 580 millions de doses de vaccins contre la COVID-19 ont été administrées dans le monde, selon un comptage de l’AFP mercredi à 13 h GMT. Mais leur répartition reste très inégale sur la planète.

Le Yémen en guerre a reçu un premier lot de 360 000 doses d’AstraZeneca par le biais du mécanisme Covax d’aide aux nations défavorisées, a annoncé mercredi l’agence des Nations unies pour l’enfance (UNICEF).

Aux États-Unis, quelque 15 millions de doses du vaccin contre la COVID-19 de Johnson & Johnson ont été gâchées par erreur dans une usine américaine de Baltimore, ce qui pourrait menacer de retards l’approvisionnement aux États-Unis, a affirmé le New York Times.

L’Australie est, de son côté, très en retard sur ses objectifs de vaccination, a reconnu mercredi le premier ministre Scott Morrison, attribuant en partie cette déconvenue à des restrictions à l’exportation de vaccins imposées par l’Union européenne.